Sur le chantier, il n'y a pas une seconde à perdre pour respecter les fameux délais "tendus", de l'aveu même de Laurent Chabaud, directeur du chantier de Vinci Construction France. "Nous sommes, bien en ordre de marche pour que la livraison ait lieu le 31 août et l'inauguration le 5 septembre, nous explique-t-il. Nos 800 ouvriers en période de pointe, ont dû faire face aux intempéries au cours du mois de mars et avril derniers."

 

Vu de l'extérieur, ce qui frappe, avant tout, ce sont les charpentes de bois lasuré et métal peint, dont la pose est bientôt terminée à 99 %. Elles constitueront, d'ici à la mi-mai, un navire arrimé à une gigantesque poutre de 678 mètres qui encercle le tour de l'enceinte. La charpente se caractérise donc par ses grandes vagues qui ondulent. Dans le modèle final, trois grandes zones ont été identifiées : celles des grandes tribunes, des petites tribunes et des virages. Pour chaque zone, la redondance a été trouvée grâce à l'utilisation de poutres en bois lamellé-collé. "La complexité géométrique a représenté la principale difficulté du chantier, ce fut donc un Mécano géant où tout s'imbrique", résume l'architecte Marco Punzi du cabinet Jean-Michel Wilmotte.

 

Le porteur du projet aux côtés du constructeur et futur gestionnaire du stade dans le cadre de son PPP, Vinci Construction a donc choisi sa filiale Fargeot Lamellé Collé basée à Verosvres (Saône-et-Loire), pour fabriquer les 4.000 m3 de la charpente en bois de la couverture en résille, réhaussée d'une charpente métallique.

 

84.000 m3 de béton
"La solution technique a reposé sur la réalisation de sous-ensembles prêts à poser sur le chantier, poursuit Laurent Chabaud. En résumé : quatre poutres d'épicéa superposées et collées entre elles forment la pièce mère. Elle est percée en son centre pour loger perpendiculairement une cinquième poutre." Au final, 1.200 ensembles croisés ont été fixés entre eux ainsi qu'à la charpente métallique qui couronne l'ensemble de la structure. Et le chef de chantier de nous confier : " Nous sommes satisfaits que cette étape soit quasiment achevée, la pose à une trentaine de mètres de hauteur a nécessité des moyens de levage importants : une grue de 60 tonnes et une de 800 tonnes pour le sommet du stade culminant à 45 mètres !"

 

Chantier de l\'Allianz Riviera à Nice
Marco Punzi architecte au cabinet Wilmotte et Laurent Chabaud, (à droite), directeur du chantier chez Vinci Construction France © S.C.Batiactu
Des futurs sièges rouges, noirs… et gris
A l'intérieur de l'enceinte, tous les corps de métiers s'affairent. Les gradins n'attendent plus que leurs 35.624 sièges. Le dessous des sièges, visible en position fermée, sera rouge, et leur socle noir, c'est-à-dire identiques aux couleurs du club local : l'OGC Nice. "L'assise et le dossier seront toutefois d'un gris neutre", glisse l'architecte.

 

Concernant les vestiaires des joueurs, les salles d'échauffement, la salle de presse dotée de 300 places, le parking de 1.435 places, les 36 cages d'escaliers, des 36 ascenseurs, l'ensemble est encore en chantier.

 

Autre caractéristique et pas des moindres, le bâtiment doit tenir compte de la sismicité de la région. "Alors que le socle en béton est divisé par 14 joints de dilatation, la charpente est ensuite posée via des appuis néoprène afin de mieux absorber les dilatations différentielles en cas de séisme, conclut le directeur de chantier de Vinci Construction. Nous avons donc dû penser à tout." Désormais, il ne reste plus qu'à attendre le 31 août pour voir cette enceinte "verte" prendre racine sur la plaine du Var.

Découvrez l'article en page 3 dédié à l'échéancier du chantier et de l'Euro 2016 dans le viseur, et le diaporama dès la page 4

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