INFRASTRUCTURES. Le projet d'extension de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur franchit une nouvelle étape : l'Etat a annoncé le 20 décembre 2019 avoir délivré le permis de construire visant à bâtir 25.000 m² supplémentaires pour la deuxième aérogare la plus fréquentée de France.

Le projet d'extension de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur se précise. Après que le Gouvernement, par la voix du secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebarri, ait conforté le chantier en novembre dernier, l'Etat a annoncé le 20 décembre 2019 avoir délivré le permis de construire y afférant. L'infrastructure aéroportuaire, la deuxième de France après Paris en termes de fréquentation, ambitionne de construire 25.000 m² supplémentaires, dont un nouveau hall d'enregistrement, une zone de tri des bagages et des salles d'embarquement. Ce qui ferait passer la superficie totale du site à 97.000 m².

 

Dans un communiqué, la préfecture des Alpes-Maritimes a indiqué avoir accordé le permis de construire "après les avis favorables avec ou sans prescriptions de tous les services consultés", selon l'AFP. Mais la représentation départementale de l'Etat de préciser que le document administratif est cependant assorti de deux obligations issues des observations de la commissaire-enquêtrice à la suite d'une enquête publique, et qui concernent le respect du plan d'exposition au bruit ainsi que l'intégration optimale du projet dans le paysage environnant. De plus, le rapport d'enquête formule d'autres réserves, relatives au suivi de l'avifaune [les populations d'oiseaux, ndlr] dans la zone de protection Natura 2000 située à proximité, et à l'étude et au suivi des émissions de gaz à effet de serre. Ces deux dernières problématiques font l'objet d'un courrier aux autorités aéroportuaires, d'après la préfecture.

 

Extension nécessaire ou "déni démocratique" ?

 

Des nouveaux éléments qui relancent les débats entre partisans et opposants au projet d'extension de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur. Les premiers affirment que l'agrandissement du site permettra d'accueillir dans les meilleures conditions les passagers, qui ont été 13,85 millions en 2018 à fréquenter le site, soit une hausse de 4,1% par rapport à 2017. A l'inverse, les détracteurs estiment que l'extension risque d'engendrer une forte augmentation du trafic aérien, de l'ordre de 50% et plus dans les 10 prochaines années, d'après le Collectif citoyen 06. "Sur le fond, ce projet est en incohérence totale avec tous les enjeux d'urgence climatique", a déploré le cofondateur de cette organisation, Airy Chrétien, selon des propos rapportés par l'AFP.

 

"En dépit des réserves de l'Autorité environnementale, en dépit des 75% d'opposition formulées lors de l'enquête publique, en dépit de notre demande de saisine de la Commission nationale du débat public, considérant qu'il y avait collusion, localement, entre la métropole, la préfecture et l'aéroport, en dépit des 500 morts prématurés à Nice du fait de la pollution de l'air, en dépit de tout, le permis a été accordé", a-t-il énuméré, taclant au passage un "déni démocratique". Et d'ajouter : "Nous sommes déterminés à aller au contentieux dans les jours prochains, nous travaillons actuellement sur les recours possibles devant la justice administrative".

 

Pour rappel, l'aéroport Nice-Côte d'Azur, qui a été privatisé en 2016, est aujourd'hui contrôlé à 64% par un consortium regroupant la société italienne Atlantia (anciennement Autostrade, filiale du groupe Benetton et gestionnaire de l'aéroport de Rome), EDF Invest et la principauté de Monaco. La Chambre de commerce et d'industrie de Nice possède 25% de l'infrastructure, et les collectivités territoriales détiennent le reste.

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