INFRASTRUCTURES. Ce 5 novembre 2019, le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri, a jugé "cohérent" le projet d'agrandissement de l'aéroport de Nice-Côte-d'Azur. Le site est censé atteindre une capacité d'accueil de 18 millions de passagers mais a été épinglé pour des "insuffisances significatives" sur le plan environnemental.

Ce 5 novembre 2019, le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri, a jugé "cohérent" le projet d'extension de l'aéroport de Nice-Côte-d'Azur. Des propos livrés à l'AFP au lendemain du lancement de l'enquête publique sur ce chantier polémique : en effet, l'infrastructure aéroportuaire est censée atteindre une capacité d'accueil de 18 millions de passagers annuels, soit 4 millions de plus qu'aujourd'hui, mais se retrouve dans le viseur d'organisations environnementalistes. "Cela se fait en parfait soutien avec les élus pour atteindre la capacité d'accueil de 18 millions de passagers", a insisté Jean-Baptiste Djebarri, qui a en outré souligné que le site avait atteint sa limite et qu'il devait répondre à une augmentation prévisible du trafic aérien. La procédure de l'enquête publique, dont l'avis est purement consultatif, est censée s'achever le 25 novembre prochain. Ensuite, le préfet validera ou invalidera le permis de construire sous un délai d'un mois.

 

Un aéroport régional avec des atouts à faire valoir

 

L'aéroport de Nice-Côte-d'Azur a pourtant des atouts à faire valoir : avec les sites parisiens, il fait partie du club très fermé des infrastructures à assurer la desserte d'une centaine de destinations ; de plus, il est le seul aéroport de l'Hexagone à proposer une liaison quotidienne avec New-York, Doha, Dubaï ou encore Pékin. Mais le problème vient d'un avis de l'Autorité environnementale, rendu au début de l'été 2019, qui a relevé "des insuffisances significatives sur la prise en compte des thématiques gaz à effet de serre, qualité de l'air, nuisances sonores liées à l'accroissement prévisible du trafic aérien".

 

La controverse a dès lors commencé, et s'est amplifiée au fil du temps. Le Collectif citoyen 06, qui regroupe des associations de défense de l'environnement, s'est notamment saisi du sujet : "On ment aux gens", affirme Thierry Bitouzé, membre du collectif, qui ajoute que le projet apportera "plus de pollution, de bruit et d'inconfort", au-delà du seul impact environnemental. "On n'a rien contre le tourisme mais cette volonté de massifier le tourisme au détriment des gens qui vivent ici est insupportable", poursuit-il. "Ils affirment qu'ils vont encaisser les 4 millions de passagers supplémentaires en jouant sur le taux de remplissage des avions, c'est-à-dire sans recourir massivement à plus d'avions, mais c'est une supercherie ! Ce taux atteint déjà 98% l'été." Qui plus est, un afflux supplémentaire de voyageurs impliquerait quelque 8.800 voitures de plus dans les rues de Nice chaque jour, alors que la ville est déjà épinglée pour sa qualité de l'air et ses épisodes de pollution aux particules fines.

 

Pour rappel, l'aéroport de Nice-Côte d'Azur a été privatisé en 2016, et est depuis contrôlé à hauteur de 64% par un consortium réunissant la société italienne Atlantia (anciennement Autostrade, filiale du groupe Benetton et gestionnaire de l'aéroport de Rome), EDF Invest et la principauté de Monaco. Le reste du capital se partage entre la Chambre de commerce et d'industrie de Nice, à hauteur de 25%, et les collectivités territoriales.

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