SOUTIEN. Dans le cadre du dispositif des prêts participatifs, les compagnies d'assurances débloquent 11 milliards d'euros qui seront disponibles début mai, afin d'aider les petites et moyennes entreprises qui se seraient vues refuser un Prêt garanti par l'État (PGE).

Les petites et moyennes entreprises qui n'auraient pas pu bénéficier d'un Prêt garanti par l'État (PGE) pourront bientôt se tourner vers le dispositif des prêts participatifs, qui va être abondé début mai par les compagnies d'assurances de quelque 11 milliards d'euros - sur les 20 initialement prévus par Bercy. Une nouvelle mesure de soutien annoncé par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, sur l'antenne d'Europe 1 ce 26 avril 2021, et qui doit conforter la relance économique à quelques jours du troisième déconfinement.

 

Dans le détail, ces prêts participatifs s'étalent sur huit ans et ne sont remboursés qu'à partir de la cinquième année, sachant que les intérêts sont cependant dus dès la première année. Le montant des taux a d'ailleurs d'ores-et-déjà été fixé : il sera de 4% pour les PME et de 5% pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Concernant le montant de l'enveloppe, elle atteindra 12,5% du chiffre d'affaires 2019 pour les PME et 8,4% de ce même chiffre d'affaires pour les ETI. À noter : seules les PME pouvant justifier d'un chiffre d'affaires supérieur à 2 millions d'euros pourront prétendre à cette mesure.

 

L'entreprise bénéficiaire ne pourra rembourser que si elle en a les moyens, et après avoir purgé l'ensemble de ses autres dettes

 

En pratique, ce dispositif est quasiment assimilé à des fonds propres, dans la mesure où les prêts ainsi débloqués demeureront un certain temps dans la trésorerie des entreprises avant d'être effectivement remboursés. De plus, le délai de huit ans pourra être dépassé en fonction de la situation financière de chaque entreprise bénéficiaire car ce même remboursement ne pourra avoir lieu que si cette dernière a les moyens de le faire, et après avoir honoré toutes ses autres dettes. Dans tous les cas, cet "argent frais" annoncé par Bruno Le Maire doit permettre de relancer embauches et investissements mis à mal par la crise du Covid. La distribution des prêts participatifs devrait ainsi s'étaler jusqu'au 30 juin 2022.

 

Cette décision intervient après plusieurs mois de polémique, où il a été reproché aux assureurs de n'annoncer aucun geste financier en faveur de leurs clients, dans un contexte économique plombé par le Covid qui force à peu près tous les acteurs, publics comme privés, à mettre la main à la poche pour faire repartir la machine. Le locataire de Bercy n'a pas donné les noms des assureurs qui ont "joué le jeu", se contentant de remercier "les 18 compagnies d'assurance, la Caisse des dépôts et consignations" qui l'ont visiblement fait. D'après BFM Business, l'entreprise Axa aurait confirmé le même matin avoir participé au dispositif à hauteur de 2 milliards d'euros. La radio indique également qu'il ne s'agit là que "d'un premier tour de table" sur le sujet et qu'un second devrait suivre en juin prochain, "ainsi qu'un autre dans les prochaines semaines" portant cette fois sur les obligations d'entreprises.

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