Salle de bains, salon ou cuisine, les Français dépensent (presque) sans compter pour améliorer leur habitation. Avec un budget moyen en hausse et des ambitions supérieures, la part de travaux réalisés par les particuliers eux-mêmes ne cesse d'augmenter, comme le révèle le 3e baromètre Lapeyre-Kheolia. Une étude qui pourrait orienter les réflexions des professionnels.

Les travaux d'aménagement de l'habitat sont en progression en 2017. Les ménages sont 43 % à avoir entrepris des travaux au cours des 12 derniers mois (+3 % par rapport à 2016) avec 1,8 pièce réaménagée contre 1,2 auparavant. Selon les chiffres révélés par la 3e édition du baromètre Lapeyre-Kheolia*, les Français ont accru leur budget rénovation : il est ainsi passé de moins de 4.500 € l'an passé, à plus de 5.000 € cette année. "Une augmentation qui s'explique logiquement par la progression du nombre de pièces concernées", analysent les auteurs de l'enquête. En allant plus loin, les résidents de maisons individuelles allouent même un budget encore plus important, de 6.300 €, là où ceux qui habitent dans des appartements se contentent de 2.300 €. Le budget prévisionnel, estimé au départ, est souvent dépassé puisqu'il est évalué par les Français à 3.400 €.

 

L'étude confirme une autre tendance : celle de l'intérêt des particuliers pour la réalisation de ces travaux par eux-mêmes, quelle que soit la pièce choisie. Ils sont désormais 65 % à vouloir les faire seuls (contre 60 % en 2015 et 62 % en 2016), au détriment des professionnels. Les personnes interrogées se sentent prêtes, surtout s'il s'agit d'intervenir dans des pièces non techniques comme la chambre à coucher, le dressing ou la terrasse.

 

L'embellissement et le confort avant tout

 

Mais, dans les faits, quelles sont les pièces les plus réaménagées ? En tête, les pièces d'eau, cuisine (39 % des cas) et salle de bains (31 %), devant les pièces à vivre, chambre (31 %) et séjour (25 %). Les espaces extérieurs (jardin, terrasse) suivent de près (24 %), tandis que l'entrée ne mobilise que 10 % des interventions. Les objectifs suivis par les Français restent liés au confort et à l'esthétique. Plus de la moitié des répondants (55 %) expliquent avoir entrepris des travaux afin de rendre leur habitat "plus beau et plus agréable". Lapeyre et Kheolia notent : "Cette notion d'esthétique concerne principalement des travaux d'embellissement pour le séjour, le dressing ou le jardin/terrasse dont les budgets sont inférieurs à 500 €". Les autres motivations sont le confort (41 %), la modernisation (34 %), le gain d'espace (30 %) et la valorisation du bien immobilier (19 %). Cette fois, les auteurs de l'étude soulignent : "53 % des travaux réalisés pour des raisons de confort ont coûté entre 2.000 et 5.000 €. En moyenne, le bien-être implique donc des budgets plus importants". Sur la notion de modernisation - c'est à dire l'intégration de nouveaux équipements connectés - ils concernent principalement la cuisine et le séjour et présentent eux aussi des budgets élevés (dans 44 % des cas ils sont compris entre 2.000 et 5.000 €).

 

Où les Français trouvent-ils leur inspiration ? Sur Internet (71 %) qu'il s'agisse de sites de marques ou de sites de décoration. Les plus jeunes générations (18-24 ans et 25-39 ans) se montrent plus réceptives à ce média et naviguent sur des sites dédiés à la recherche de tutoriels et vidéos de réalisation, ou parcourent les réseaux sociaux. Quant à savoir s'ils sont satisfaits une fois les travaux achevés, la réponse est mitigée selon Lapeyre et Kheolia qui précisent que si les résultats sont à la hauteur des espérances (avec une note de 8,3 à 8,8/10), les travaux sont jugés comme étant trop longs. Pas de quoi décourager les ménages toutefois, puisque 45 % d'entre eux projettent de faire des interventions chez eux au cours des 12 prochains mois (+2 %), même si les deux tiers des répondants ont déjà entrepris des travaux l'an passé ! Outre les recherches sur Internet, les particuliers se tourneront également vers leurs proches (33 %) pour obtenir des informations ou consulteront des médias (33 %). Des résultats qui devraient inspirer les professionnels à adapter leurs offres et leurs services, ainsi que leurs techniques de communication afin de toucher de nouveaux clients.

 

* L'enquête a été réalisée en septembre 2017 à partir d'un échantillon représentatif de 1.023 personnes.
actionclactionfp