En présentant ses vœux, pour la troisième année consécutive, ce mercredi 13 janvier, la présidente du CNOA, Catherine Jacquot, a rappelé les enjeux et les défis 2016 de la profession. Avec deux mots d'ordre : "la libération de la création architecturale" et "une meilleure connivence avec la maitrise d'œuvre."

C'est au rythme de trompette, de tuba et trombone, que la chef d'orchestre Catherine Jacquot, président du CNOA, a présenté, ce mercredi soir, ses vœux, pour la troisième année consécutive, au 47ème étage de la tour Montparnasse, à Paris, siège de l'Ordre des architectes.

 

"Sous le joug conjugué de la crise économique et de la violence des attentats, 2015 aura été une année difficile, a-t-elle rappelé, devant un parterre d'architectes et d'économistes de la construction. Le mal-être peut fracturer la société et ébranler le creuset de mixité qu'est la France. Pour ce qui nous concerne, agir pour l'architecture, expression de la culture, est une manière de résister."

"La menace climatique et de loi de transition énergétique l'injonction d'évoluer"

Une autre menace est là, a-t-elle insisté, "celle que fait peser le réchauffement climatique sur les générations futures." Pour la présidente du CNOA, "il est vital de le contenir à deux degrés d'ici la fin du siècle, si l'on ne veut pas voir des catastrophes humaines et naturelles s'abattre sur notre terre. Il y a heureusement quelques raisons d'espérer avec l'immense prise de conscience des 195 pays réunis à Paris pour la COP21."

 

Autre constat : la rentrée dans une nouvelle ère économique, écologique et numérique. La, où la construction a un long chemin à faire pour s'y intégrer, "les architectes ont la responsabilité que leur confère la transversalité de leurs missions, estime-t-elle. Car l'enjeu pour l'avenir des architectes de contribuer à ce changement de paradigme dans la conception des bâtiments, des villes et dans l'aménagement des territoires, est considérable."

 

Enfin, dans la stratégie nationale pour l'architecture dont les propositions verront leur application en 2016, elle y voit "une avancée significative pour que la qualité architecturale dans les constructions du quotidien s'accroisse." "Elle étend le champ d'intervention de l'architecte dans l'acte de bâtir là où il est grandement nécessaire d'intervenir : dans les périphéries des villes et des bourgs, dans la construction des maisons individuelles. Elle promeut l'expérimentation. De plus, la loi diminue la césure préjudiciable entre patrimoine et architecture contemporaine en instituant un label spécifique au patrimoine récent."

Observatoire de la profession

Votée en première lecture à l'assemblée nationale, le CNOA compte aller plus loin en seconde lecture avec "toujours l'objectif de renforcer la place de l'architecture dans la construction, en marchés publics et privés". S'agissant des annonces du CNOA, la présidente de l'Ordre des architectes, compte mettre en place conjointement avec le ministère de la Culture, un "Observatoire de la profession", en, quelque sorte, un système d'observation suivi de la commande d'architecture, publique et privée, dans l'optique de dégager les tendances de l'évolution de la profession.

"Briser les archaïsmes qui nous isolent."

Autre vœu du CNOA en 2016 à l'encontre des acteurs de la construction : "Il faut rompre l'isolement et construire des alliances avec tous les acteurs du cadre bâti afin de briser les archaïsmes qui nous isolent." L'Ordre, espère ainsi s'ouvrir en accueillant les architectes de la fonction publique et territoriale, les architectes-urbanistes de l'Etat (AUE) et les architectes des bâtiments de France (ABF), des Conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE), a-t-elle égrené. "En parlant d'une seule voix au Conseil supérieur de la construction, nous serions plus fort", a-t-elle conclu. A bon entendeur…

 

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