ENVIRONNEMENT. Le conseil municipal de Paris a voté ce mercredi 7 octobre au soir une suspension des travaux d'agrandissement du site de centrale à béton Lafarge située dans le quartier de Bercy et suspectée d'avoir provoqué une pollution de la Seine début septembre. La municipalité a également pris d'autres décisions concernant plus largement les matériaux de construction.

Une pause le temps d'une concertation : ce mercredi 7 octobre 2020, le conseil municipal de Paris a voté la suspension des travaux d'agrandissement d'une centrale à béton Lafarge située dans le quartier de Bercy et suspectée d'avoir provoqué une pollution de la Seine début septembre. Après d'intenses négociations, les groupes politiques socialistes, communistes, écologistes et Générations, initialement divisés, ont fini par tomber d'accord sur cette décision en demandant qu'une concertation ait lieu avec les riverains du site industriel. Il faut dire que le sujet est pour le moins sensible après la diffusion d'images montrant l'usine en question en train de déverser un mélange de "particules de ciment, de liquides de traitement et de micro-fibres de plastique", à la suite de quoi le parquet de la capitale a ouvert une enquête pour "suspicion de pollution de la Seine par une entreprise de travaux publics". De son côté, le cimentier a affirmé que cet écoulement était le fait "d'un accident exceptionnel provoqué par un acte malveillant".

 

Une mission d'évaluation sur les besoins de la Ville de Paris en béton et autres matériaux de construction

 

Quoi qu'il en soit, le vote du conseil de Paris stipule qu'"en cas de préjudice écologique constitué", l'assemblée "se portera partie civile pour réclamer une réparation en nature à hauteur du préjudice subi". Mais la séance de mercredi soir ne s'est pas arrêtée là : les édiles parisiens ont également voté la création d'"une mission d'évaluation de ses besoins en béton et matériaux de construction à l'horizon 2040", en référence à l'Accord de Paris sur le climat de 2015 et pour respecter les propres engagements de l'agglomération.

 

Le consensus politique a été tel sur ce sujet que les conseillers municipaux Insoumis et ceux de la droite ont chacun voté les résolutions de l'autre camp : "Ce projet doit être abandonné ou à défaut (...) faire l'objet d'une révision approfondie", a affirmé Danielle Simonnet (LFI), qui exige au passage "un nouveau permis de construire" pour la centrale à béton. "La Ville s'était engagée à réduire drastiquement la production et le recours au béton", a rappelé pour sa part l'élue du XVe arrondissement, Agnès Evren (LR). Et de demander : "Où sont donc passées les belles promesses (d'utiliser) les matériaux bio-sourcés pour les nouvelles constructions ?" C'est pourquoi la droite a plus largement demandé que "la Ville s'engage à ce que la concertation avec les élus et habitants ne soient pas une mascarade" et "que les futurs aménagements n'excèdent pas le cadre actuel des installations". Le "travail de concertation (avec) les riverains, ports de Paris, les élus et Lafarge" devrait aborder "toutes les questions et se poursuivra au moins jusqu'en décembre", a assuré de son côté l'adjointe à la maire de Paris en charge de la Seine, Célia Blauel.

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