CONTESTATION. Le tribunal de Pontoise a ordonné vendredi l'évacuation de la zone à défendre (Zad) du Triangle de Gonesse, que des militants occupent depuis treize jours, pour s'opposer notamment au projet d'installation d'une gare du Grand Paris Express.

L'expulsion des militants - une dizaine selon leur collectif - qui occupent une partie du terrain de l'Epfif (établissement public foncier d'Ile-de-France) pour empêcher l'urbanisation du Triangle de Gonesse, entre les aéroports du Bourget et de Roissy, a été ordonnée sans délai sous astreinte de 500 euros par jour de retard. "La décision sera transmise à la préfecture et signifiée aux occupants", a indiqué le représentant de l'Etablissement public, qui a fait constater l'occupation illégale du terrain.

 

Depuis qu'Emmanuel Macron a annoncé en novembre 2019 l'abandon du méga-complexe commercial et de loisirs Europacity en novembre 2019, le sort des 280 hectares de terres agricoles situées à une quinzaine de kilomètres au nord de Paris reste incertain. Depuis le 7 février, des militants sont installés sur cette "nouvelle zone à défendre". Ils promeuvent un projet agricole alternatif, au lieu de la future gare de la ligne 17 du Grand Paris Express.

 

"Des choix politiques doivent être faits"

 

"Il s'agit d'une occupation symbolique et légaliste", avait déclaré Etienne Ambroselli, avocat du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), lors de l'audience vendredi en début d'après-midi. "Ce ne sont pas des zadistes qui font obstacle. Le chantier doit partir sur des bases juridiques saines. Des arbitrages politiques doivent être faits", a-t-il ajouté. Avant l'audience, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Pontoise en soutien à Bernard Loup, cité à comparaitre en tant que président du Collectif pour le triangle de Gonesse.

 

"Nous voulons l'abandon de la gare qui était uniquement destinée à Europacity et nous défendons le projet Carma" (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d'avenir), a lancé le président du CPTG, devant son auditoire. "La parcelle est occupée à des fins militantes", a fustigé l'avocat de l'Epfif. "Il faut rester sur le terrain du droit. Il s'agit d'une occupation d'un terrain sans droit, ni titre. L'occupation est revendiquée pour faire obstacle à un projet voté d'utilité publique", a-t-il poursuivi.

 

De son côté, l'avocat du CPTG a indiqué que les militants étaient prêts à partir mais avait réclamé un délai. Pour le conseil, "la crise sanitaire ne doit pas stopper toute opposition", ajoutant qu'"il s'agit de quelques personnes installées au grand air".La ligne 17 doit relier Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à l'aéroport de Roissy-CDG en 2030, en passant par le Triangle de Gonesse, où elle devait initialement desservir Europacity.

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