Soprema poursuit son développement dans ses activités d'étanchéité, d'isolation et de protection du bâtiment. Si l'entreprise familiale affiche une croissance en hausse constante, elle explique cependant ne pas encore ressentir les effets de la reprise dans le secteur de la construction. En attendant elle mise beaucoup sur ses produits écologiques et innovants pour son avenir. Détails.

C'est avec le sourire que Pierre-Etienne Bindschedler, Président-directeur général du groupe Soprema, nous a reçus, ce mardi 13 septembre, pour présenter la stratégie de développement de son entreprise et dresser le bilan de ses activités. Depuis que sa famille gère l'entreprise (1908), les activités à l'origine liées au bitume se sont considérablement développées et surtout diversifiées. Aujourd'hui, Soprema se dit un des acteurs mondiaux dans les domaines de l'étanchéité, l'isolation et la protection du bâtiment.

 

Entre 2010 et 2015, l'entreprise a travaillé sur un projet d'envergure, baptisé Mutatio, pour développer des produits répondant aux enjeux environnementaux de demain. L'objectif de ce projet de Recherche et Développement était multiple. Il s'agissait de trouver des solutions de substitution des matières premières pétrolières par des matières premières issues de ressources bio-sourcées et ou recyclées. Mais il était aussi question de simplifier et améliorer le travail des compagnons sur les chantiers. Par exemple, des panneaux isolants ont été allégés, les produits sont désormais sans solvants et des outils ont été adoptés pour faciliter le travail. La R&D a également permis de "combiner plusieurs fonctions en un seul produit", se réjouit Pierre-Etienne Bindschedler.

 

Une démarche écologique et responsable

 

De ce projet, un nouveau produit a en effet été mis sur le marché, baptisé Mammouth Néo. Sa particularité ? Il contient deux fois moins de ressources naturelles à base de bitume et plus d'huile de colza et de résine de pin. Cependant, à ce jour seuls 15.000 m² de ce produit ont été posés. "Nous avons besoin d'industrialiser la filière de matériaux bio-sourcés pour la rentabiliser et la rendre compétitive", insiste le dirigeant de Soprema qui précise toutefois que "15% du chiffre d'affaires ont été réalisés grâce aux innovations alors que nous espérions 25%".

 

Engagé dans une démarche éco-responsable, le pdg du groupe a mis également en avant son offre de produits Pavatex (issu de l'acquisition de Pavatex en mai 2016), composés en fibre de bois de haute qualité. "Nous voulons développer nos produits en fibre de bois et en ouate de cellulose", a-t-il expliqué. Il estime que c'est "une très bonne alternative à la laine de roche". Pour convaincre, il nous a présenté une comparaison entre des matériaux isolants à base de laine de roche et de fibre de bois. Pour un élément isolant de même épaisseur, le déphasage de la laine de roche est de 3,6 heures quand il est de 9 heures pour la fibre de bois. Concrètement, cela signifie que la chaleur accumulée dans l'isolant est restituée dans le logement plus tard avec la fibre de bois. Ainsi, lors de journées très chaudes, la chaleur ne rentrera dans le logement que tard dans la nuit, au moment où il fait le plus frais. L'écart de température est donc moindre avec cette matière. "Le confort est alors supérieur dans le logement", note Pierre-Etienne Bindschedler. Il avance un autre avantage : "Ces produits restent fiables dans le temps, contrairement aux produits issus du pétrole".

 

La reprise de la construction industrielle pour bientôt

 

Cependant, "nous allons avoir dû mal à imposer ces produits innovants et devons trouver une solution de rapport coût moins élevé, ou avoir une législation qui encourage la mise en place d'une taxe carbone favorable", pense-t-il. Interrogé sur les effets de la reprise du secteur de la construction pour Soprema, Pierre-Etienne Bindschedler affirme que "la construction industrielle n'a pas encore redémarrée" mais il est confiant "ça va arriver parce que nous intervenons en fin de chantier (isolation, toitures…)".

 

Dans sa stratégie de développement, l'entreprise s'est par ailleurs lancée à l'assaut d'un nouveau marché : celui du particulier et de la maison individuelle. En effet, depuis 2015, les produits Soprema ont fait leur arrivée dans les grandes surfaces de bricolage. L'entreprise propose désormais aux particuliers certaines de ses solutions d'étanchéité et d'isolation qui "leur permettent d'accéder à des résultats professionnels grâce à une facilité de mise en œuvre qui répond à leurs attentes", estime-t-elle. Son pdg ajoute : "Nous avons beaucoup d'espoir pour ce développement".
Enfin, déjà bien implanté en Europe et en Amérique du Nord, Soprema poursuit son développement en Chine avec la création d'une nouvelle usine d'ici à la fin de l'année.

 

Soprema en chiffres
44 sites de production dans le monde
7 centres de Recherche et Développement
6.260 collaborateurs dans le monde dont 2.000 en France
2,13 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2015 (et une prévision de 2,35 Md€ pour 2016)
60 filiales
+ de 4.000 distributeurs
18 usines d'étanchéité
11 usines d'isolation
1 usine de géotextile
9 usines de désenfumage
5 usines de charpentes métalliques

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