ENTRETIEN. Les effondrements de balcons se sont multipliés ces derniers mois. L'Agence qualité construction (AQC) a été chargée par les pouvoirs publics de rédiger un rapport à ce sujet. Christel Ebner, directrice Observatoire et évaluation des risques de l'AQC, fait le point pour Batiactu sur l'avancée des travaux.

En novembre 2017, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a évoqué le lancement par l'AQC d'une étude sur les risques liés aux balcons. Alors que de nouveaux accidents ont eu lieu depuis, Batiactu a contacté l'AQC pour connaître l'avancement des travaux. Christel Ebner, directrice Observatoire et évaluation des risques, fait le point.

 

Batiactu : Où en sont les travaux quant à ce rapport sur les risques liés aux balcons ?

 

Christel Ebner : Nous en sommes au tout début du travail. Un rédacteur expert a été nommé et a récupéré un maximum d'informations sur le sujet pour asseoir l'étude. Nous nommerons ensuite un groupe de travail, qui sera copiloté par le ministère de la Cohésion des territoires, l'AQC et plusieurs membres de l'AQC - car ce sujet fait l'objet de beaucoup d'attention de la part des professionnels. Le copil s'assurera notamment que le travail effectué correspond bien à la demande qui a été faite.

 

 

Batiactu : Quel type d'informations collectez-vous ?

 

Christel Ebner : Nous collectons toutes les informations disponibles concernant la sinistralité réelle liée aux balcons, afin de dégager une série de points de vigilance, par exemple en lien avec les problèmes d'étanchéité, notamment au niveau des seuils de menuiserie, de la solidité, avec présence ou absence de rupteur de pont thermique, des défauts de conception... Nous interrogeons les acteurs impliqués dans les sinistres. Quand l'accident fait l'objet de poursuites judiciaires, nous n'avons bien sûr pas accès à tous les éléments. Sinon, nous pouvons savoir ce qu'il s'est passé. Par ailleurs, nous interrogerons le maximum de parties prenantes du secteur, fabricants, entreprises, bureaux d'études...

 

Batiactu : Ce rapport accouchera-t-il de modifications réglementaires ?

 

Christel Ebner : Nous réaliserons dans un premier temps un guide qui identifiera une série de moyens de prévention pour éviter ce risque. Le ministère, selon les conclusions de notre travail, décidera ensuite si oui ou non il faut intervenir sur la réglementation.

 

Batiactu : Avez-vous ciblé un certain type de bâtiments, par exemple ceux construits dans les années 60-70 ?

 

Christel Ebner : Nous ciblons tous les types de bâtiments. Mais si les informations dont nous disposons nous y conduisent, nous pourrons effectuer un zoom sur une catégorie particulière d'immeubles. C'est aussi à cela que sert le copilotage Etat/AQC.


Batiactu : Quel est le calendrier ?

 

Christel Ebner : La réalisation de ce travail devrait nous prendre de sept à huit mois. Nous envisageons une remise du rapport fin 2018-début 2019. Le ministère de la Cohésion des territoires souhaite aller vite, dans la mesure où ce sujet touche à la sécurité des personnes.

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