INFRASTRUCTURES. Au lendemain des élections européennes, les partisans de la ligne ferrée reliant Lyon à Turin semblent confortés quant à la concrétisation du projet. Les institutions communautaires ont déclaré pour leur part être prêtes à augmenter leurs financements de cette liaison transalpine.

Et si les résultats des élections européennes laissaient présager une concrétisation du projet contesté (et retardé) du Lyon-Turin ? C'est ce qu'espèrent les partisans de cette liaison ferrée entre les deux métropoles, qui voient d'un bon oeil la victoire écrasante (85% des suffrages) de la Ligue du Nord et du Parti démocrate, favorables au chantier, dans la région industrielle du Piémont, alors que le Mouvement 5 étoiles, qui y est opposé, s'est effondré. "Il était important de retrouver une dynamique", s'est félicité Jacques Gounon, président de La Transalpine, en marge de l'assemblée générale de cette association réunissant les défenseurs de cette infrastructure. "Cette nouvelle donne politique en Italie nous donne de très, très belles opportunités", a relevé pour sa part le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Etienne Blanc, en appelant le Gouvernement à défendre ce projet "structurant" au niveau européen. De même, nombreux ont été les entrepreneurs et industriels italiens confortés par le verdict des urnes : "La situation politique en Italie après les élections européennes ne pourrait pas être plus favorable à la réalisation de l'ouvrage", s'est réjoui le président du patronat du Piémont, Fabio Ravanelli. "Nous n'avons pas besoin d'un référendum sur la ligne à grande vitesse. Il s'est déroulé avec les élections européennes", a noté le responsable régional de la Confindustria.

 

Le projet de la liaison transalpine est contesté de longue date en raison de son tunnel de plus de 57 kilomètres de long, d'un coût de 8,6 milliards d'euros, et des voies d'accès afférentes, qui se chiffrent à 7,7 milliards côté français, et à 1,7 milliard côté italien, sans oublier les potentiels impacts sur l'environnement. A l'heure actuelle, plus de 28 kilomètres ont déjà été excavés par les équipes du chantier. "Après 28 kilomètres - soit environ 18% du total - ça ne va plus être interrompu. Cela coûterait bien plus cher", a relevé M. Gounon, par ailleurs PDG de Getlink, l'exploitant du tunnel sous la Manche. "Nous sommes dans une période de redémarrage du projet." D'autant que les institutions communautaires ont annoncé une autre bonne nouvelle : l'Europe pourrait bien augmenter ses financements au projet. Présente à l'assemblée générale, la coordinatrice du corridor méditerranéen pour la Commission européenne, Iveta Radicova, a indiqué que l'Union européenne serait en mesure d'assumer 55% du coût du chantier des accès au tunnel, à l'instar de ce qu'elle fait déjà pour l'ouvrage principal (à hauteur de 40% actuellement).

 

"Si la France et l'Italie demandent une participation financière à l'Europe pour réaliser les voies d'accès au tunnel transfrontalier de la liaison Lyon-Turin, la réponse est oui, oui, oui !", a-t-elle ainsi affirmé. Avant de poursuivre : "Pour l'Europe, les voies d'accès au tunnel international sont aussi importantes que le tunnel lui-même. C'est l'ensemble de la ligne, de Lyon jusqu'à Turin, qui est considérée comme une liaison transfrontalière et le maillon manquant du corridor reliant la péninsule ibérique à l'Europe centrale." Autant de raisons d'espérer pour les promoteurs de cette liaison ferroviaire, qui souhaitent enfin voir le bout du tunnel après de multiples contestations et ralentissements : "Il s'agit potentiellement d'un formidable effet de levier qui est de nature à donner un puissant et ultime coup d'accélérateur à ce chantier capital sur les plans écologique et économique", a conclu Jacques Gounon. Pour rappel, les appels d'offres relatifs à la poursuite des travaux sont toujours en cours.

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