ÉTUDE. Dans une enquête réalisée auprès d'une trentaine de pays, l'institut Ipsos a relevé que 38% des Français étaient satisfaits de leurs infrastructures de transports et de leur réseaux d'énergie et de télécommunications. En revanche, les routes locales et le rail sont épinglés. Précisions.

Les Français apprécient leurs infrastructures et réseaux, mais ils apprécieraient aussi que ceux-ci bénéficient d'investissements plus importants. C'est ce qui ressort d'une vaste enquête menée par l'institut de sondage Ipsos dans 28 pays des quatre coins du monde (soit plus de 19.000 personnes interrogées) : dans un contexte marqué par le 20e anniversaire de la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc, l'étude "Ipsos global infrastructure index", dont il s'agit ici de la troisième édition, permet d'en savoir plus sur la vision qu'ont nos compatriotes de leurs infrastructures.

 

Mécontentement sur les voies ferrées et les gares

 

Globalement, les Français sont satisfaits à 38% de leurs équipements et réseaux, ce qui les place loin devant la moyenne européenne, à 26%, et devant la moyenne des pays du G8, à 33%. Dans le détail des infrastructures, la population de l'Hexagone se déclare particulièrement satisfaite de ses aéroports (66%), de ses réseaux d'approvisionnement en eau et assainissement (66%), et de ses autoroutes et autres grands axes routiers (63%, en recul de 11 points depuis deux ans cependant). Bien que le taux de satisfaction demeure élevé, Ipsos note qu'il est toutefois en recul : depuis 2017, le nombre de Français se déclarant mécontents de leurs infrastructures est passé de 17 à 22%. Cette tendance s'observe d'ailleurs aussi à l'échelle européenne (de 31 à 37%) et à l'échelle planétaire (de 31 à 34%).

 

Les principaux points de crispation de nos compatriotes se focalisent sur les voies ferrées et les gares - 48% d'entre eux en sont mécontents, soit un bond de 14 points en deux ans. De plus, ils sont 53% à juger les systèmes de protection contre les inondations médiocres. S'agissant des infrastructures et réseaux dédiés à l'énergie, 51% des Français les jugent de bonne qualité - la moyenne mondiale est de 43% -; un chiffre qui recule légèrement, à 49%, au sujet du nucléaire. Les équipements de télécommunications - fibre optique, réseaux 4G ou 5G… - divisent néanmoins nos concitoyens : ils ne sont qu'un sur deux à s'en déclarer satisfaits, une statistique étonnante quand on sait que les trois quarts des Français possèdent un smartphone (+8 points en un an) et s'équipent rapidement.

 

"Si la satisfaction reste bonne, l'étude met en lumière la perception globale d'une dégradation des infrastructures, à l'instar du réseau routier, dont la satisfaction est en baisse de 11 points en deux ans", commente Yves Bardon, directeur du programme Flair au "Ipsos knowledge center". "Les Français sont ainsi particulièrement attentifs et sensibles aux dégradations qui touchent leur vie quotidienne - réseau routier, réseau ferré…"

 

56% des Français souhaiteraient être davantage impliqués dans les processus décisionnels

 

Selon l'enquête d'Ipsos, nos compatriotes seraient 50% à considérer que leur pays n'en ferait pas assez pour répondre aux besoins liés aux infrastructures. Ils pensent plus précisément que le réseau routier local devrait prioriser les investissements de l'Etat (à hauteur de 44%), talonné par le réseau ferré (à 40%). Un autre chiffre notable : 56% des Français souhaiteraient être davantage impliqués dans les processus décisionnels. Cette volonté de participer plus activement aux projets a pour corollaire une méfiance à l'égard des investisseurs étrangers : alors que les habitants des pays interrogés sont en moyenne 49% à leur accorder leur confiance, les Français ne sont que 30% à se déclarer très favorables à ces financements dans les nouvelles infrastructures tricolores, si cela implique que les chantiers seront terminés plus rapidement. L'étude se penche enfin sur le rôle des collectivités territoriales : 60% de nos concitoyens estiment qu'il faudrait écouter attentivement les positions des collectivités concernant les projets d'infrastructures, même si cela risque d'augmenter les délais.

 

"73% de l'opinion mondiale est d'accord avec l'idée qu'investir dans les infrastructures est vital pour la croissance économique ; les Français sont pourtant seulement 62% à le penser, peut-être parce que dans un vieux pays, il s'agit plus de rénover et d'actualiser que de créer", analyse Yves Bardon.

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