Le syndicat mixte pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel a annoncé que 80% des observations recueillies par l'enquête publique ont reçu un avis favorable.

Les premiers éléments de l'enquête publique sur le projet d'aménagement du Mont-Saint-Michel ont été discutés aujourd'hui au conseil régional de Basse-Normandie. Le syndicat mixte pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel a indiqué à cette occasion que " plus de 800 observations écrites et courriers, en grande partie favorables au projet (à 80%), ont été, au total, consignées ou annexées dans les registres " mis à disposition du public lors de l'enquête publique qui s'est déroulée du 23 juillet eu 23 septembre.

L'action qui sera menée entre 2003 et 2008 doit permettre de libérer le mont, classé à l'UNESCO depuis 1979, de l'emprise des herbus qui l'enserrent, de le débarrasser du stationnement qui le dépare et de l'alléger de la digue-route qui le cloue au continent et barre ses remparts.

Le projet se divise en deux volets. Le premier concerne l'accessibilité du mont. Avec la construction d'un nouveau " pont-passerelle ", la traversée permettra aux touristes d'approcher le mont avec un angle de vue remarquable. En effet, débarrassé de la digue-route et des parkings sur les grèves, le rocher de l'Archange n'apparaîtra plus défiguré aux visiteurs. Ces derniers, au terme d'un parcours d'approche progressif ouvrant la vue sur Tombelaine jusqu'à la Petite Baie, découvriront un mont uniquement ceint par les remparts et les grèves.

C'est le dernier kilomètre de la digue-route actuelle qui va être remodelé pour s'achever en " jetée ", comme l'appellent ses concepteurs. Légèrement incurvée vers l'ouest elle s'arrêtera à 300 mètres des remparts, avant un plan incliné pour revenir au niveau du mont depuis les hauteurs des pylônes fins sur lesquels reposera ce pont . Les voyageurs iront à pieds ou en navette (silencieuse et électrique) depuis le parking jusqu'au mont. Les piétons chemineront de chaque côté d'une voie centrale réservée à ces navettes, décaissée de quelques centimètres. L'équipe lauréate pour ce projet est composée de Feichtinger Architectes et de BET Schlaich.

Avec cette nouvelle route, la disparition de la circulation sur les 2 km reliant le mont au continent entraînera immanquablement une baisse de la pollution et de la nuisance sonore. Actuellement, en période de pointe, ce sont plus de 1.000 véhicules qui traversent le gué dans les deux sens toutes les heures.

Le deuxième volet, hydraulique, prévoit la construction d'un nouveau barrage permettant de générer des chasses suffisantes pour déblayer les abords du Mont-Saint-Michel des sédiments qui s'y accumulent. Ces chasses seront réparties dans deux chenaux séparés par un seuil de partage, dans lesquels le Couesnon pourra largement divaguer.

Le respect de l'environnement

" Ne perturbant en rien le phénomène naturel de sédimentation de la Petite Baie, ce dispositif général a été mis au point au terme de quatre années d'études et de recherches hydrosédimentaires menées par un laboratoire spécialisé, la Sogreah. Une commission scientifique internationale a validé l'ensemble de ces aménagements ", souligne le syndicat.

Le projet a été commencé en 1995, sur l'initiative de l'Etat et des Collectivités territoriales concernées. Le budget de l'opération est chiffré à 134 millions d'euros, répartis entre les Collectivités territoriales et l'Etat, avec les contributions de l'Union européenne et de l'Agence de l'eau.

A la sortie de la réunion du conseil régional, le syndicat a indiqué que " la commission d'enquête poursuit son travail d'analyse " et qu'elle " envisage de remettre son rapport et ses conclusions aux préfets concernés début 2003, ce qui permet d'envisager l'obtention des autorisations nécessaires au printemps 2003 ". Selon le calendrier prévisionnel, les travaux pourraient commencer en fin d'année 2003 ou en début d'année 2004.

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