ACCIDENT. Ce 7 décembre 2020, les opérations d'évacuation de la poutre coffrante qui s'est effondrée sur les voies ferrées, près d'Austerlitz, étaient toujours en cours. Elles devraient durer jusqu'au milieu de la semaine.

La course contre la montre continue, près de la gare d'Austerlitz, à Paris, pour remettre en circulation le plus rapidement possible le trafic SNCF, dont celui du RER C. Celui-ci est interrompu depuis le 1er décembre 2020 après l'effondrement d'une poutre coffrante sur le chantier du projet Aurore, au-dessus des voies. Comme nous l'indiquions dans les colonnes de Batiactu le 4 décembre, les opérations d'évacuation ont pu débuter deux jours après l'accident, le temps de trouver la méthode la plus appropriée et la plus rapide pour déblayer les voies, dans un environnement particulièrement contraint.

 

La méthode choisie consiste à découper la poutre coffrante, en forme de U, de 370t pour 45m de long et 3m de haut, en plusieurs morceaux d'une dizaine de tonnes. Mais avant cela, d'autres étapes ont été nécessaires, comme l'a expliqué Christian Lacroix, président de Freyssinet France, lors d'une nouvelle conférence de presse sur les lieux, le 7 décembre 2020.

 

La découpe a commencé au matin du 7 décembre

 

Ainsi, il a fallu acheminer "350t de matériels", installer "4 grues, 2 de levage que nous avons positionnées le plus près possible du chantier" - pas si simple alors que les charges lourdes sont interdites sur de nombreux espaces sur l'emprise - et 2 grues sur des trains-travaux, pour aller au plus près de la zone de l'accident et récupérer les éléments béton, a-t-il détaillé.
Sciage poutre coffrante
La découpe de la poutre coffrante a commencé au matin du 7 décembre 2020. © Léon Grosse/Freyssinet

 

Un platelage métallique a été mis en place dans la zone de chute, et des tours d'étaiement installées pour "soutenir la poutre en place", a-t-il poursuivi. Les opérations de découpe et de sciage ont pu réellement commencer dans la nuit du 6 au 7 décembre, "vers 4h du matin". Car les quelque 150 personnes mobilisées sur place pour cette opération travaillent 24h sur 24 et 7j sur 7, a-t-il à nouveau assuré.

 

Fin de l'opération en milieu de semaine

 

La découpe et le déblaiement de la poutre coffrante effondrée devraient être terminés d'ici au 8 décembre au soir. Il faudra ensuite retirer le platelage et les étaiements. Si bien que Christian Lacroix pense que la totalité de l'opération sera terminée le 9 ou le 10 décembre. Ce sera ensuite à SNCF Réseau, qui espérait une remise en circulation des trains pour le 11 décembre, d'intervenir. Le gestionnaire devra évaluer et réparer les dégâts causés par la chute, avant de pouvoir remettre en service le trafic.

 

Quant au chantier du projet Aurore, dont le génie civil est assuré par le groupement Léon Grosse (mandataire)/Freyssinet, des discussions sont en cours avec le maître d'ouvrage (l'opération est menée par la compagnie de Phalsbourg) pour replanifier les opérations "et voir comment nous pourrions gagner du temps", a indiqué de son côté Bruno Alleard, directeur général adjoint de Léon Grosse Ile-de-France. Car le temps perdu en ce moment aura forcément la durée du chantier, dont la livraison est normalement prévue pour la fin de l'année 2021.

 

Une poutre ou un coffrage ?

 

Poutre coffrante
Poutre coffrante © Léon Grosse/Freyssinet

 

Des lecteurs ont fait part à Batiactu de leur incompréhension, alors que tous les médias ne semblaient pas utiliser le même terme pour désigner l'élément tombé sur les voies : est-ce une poutre ou un coffrage qui s'est effondré sur les voies ? Bruno Alleard et Christian Lacroix ont tenu à préciser au cours de leur point presse. Il s'agit… d'une poutre coffrante. "Ce n'est pas la poutre définitive, elle contribue à sa réalisation, a expliqué Christian Lacroix. Elle fait 45m de long, 3m de haut et pèse 370t." Fabriquée sur site, elle est "en forme de U, a complété Bruno Alleard. Nous la descendons sur ses appuis définitifs et ensuite le ferraillage et le bétonnage sont finalisés". Il s'agit donc en quelques sortes de l'enveloppe de la poutre, remplie ensuite, l'ensemble ne faisant pas l'objet d'un décoffrage.

 

La structure ne semble pas en cause

 

Mais avant de reprendre le chantier, il faudra comprendre précisément quelles sont les causes qui ont menées à cet accident. L'expertise, qui a débuté rapidement après la chute de la poutre coffrante, est toujours en cours, a précisé Bruno Alleard. Avant de reprendre le chantier, et alors qu'il faut encore poser 7 poutres sur les 9 qui doivent supporter la dalle, "nous allons revoir l'ensemble des procédures, les adapter et apporter d'éventuelles modifications", a-t-il ajouté.

 

En tout cas, et même si l'expertise doit le confirmer, il est persuadé que la structure du coffrage n'est pas en cause. "C'est au cours de la manipulation, pour la poser sur les appuis" que la poutre coffrante est tombée. Un type d'opérations pourtant bien maîtrisé et qui, comme l'ont rappelé les deux dirigeants, s'effectuent toujours la nuit ou lorsque le trafic SNCF est interrompu. Et Bruno Alleard de rassurer : "les 2 poutres déjà mises en place sont parfaitement sécurisées, obtenant la validation du maître d'œuvre, du bureau de contrôle et de SNCF Réseau".

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