BUDGET. Face à l'indignation, notamment dans le patronat, suscitée par l'annonce d'une nouvelle ponction du budget d'Action Logement, Emmanuelle Wargon a défendu la décision du Gouvernement. La ministre du Logement considère qu'il n'est pas "aberrant" que l'organisme participe à l'effort collectif dans le contexte actuel.

L'annonce avait fait grand bruit : c'est dans la presse que les partenaires sociaux ont appris, ce 7 septembre 2020, que le Gouvernement souhaite de nouveau ponctionner le budget d'Action Logement afin de boucler les financements du plan de relance. La nouvelle a été particulièrement mal accueillie, notamment dans le patronat, mais également au sein du BTP : lors d'un point presse sur la conjoncture ce 9 septembre, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, a lui-même jugé "scandaleux" le mode opératoire de l'exécutif, en déplorant que les parties prenantes d'Action Logement aient appris la chose en lisant les journaux et non en discutant avec l'Administration.

 

Face à cette indignation, la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a défendu ce 10 septembre ce projet de prélèvement, qui se chiffre tout de même à 1 milliard d'euros : "Action Logement, c'est un des grands partenaires de l'État", a-t-elle ainsi estimé sur BFM Business. "A un moment où le logement est si important et où on a besoin d'avoir tout le monde sur le pont, ce n'est pas totalement aberrant qu'Action Logement accompagne le Gouvernement." Pour la ministre dont le portefeuille est désormais rattaché à la Transition écologique, cette mise à contribution est d'autant plus justifiée que "la trésorerie, les ressources, les réserves d'Action Logement se sont beaucoup accrues", ajoutant que "les partenaires sociaux eux-mêmes sont d'accord pour s'engager dans une discussion sur plus d'efficacité".

 

Les discussions avec les parties prenantes "ne sont pas rompues"

 

Rappelant au passage que ce ne serait pas la première fois que l'Etat ponctionne le budget de l'organisme paritaire, Emmanuelle Wargon assure que le dialogue avec les parties prenantes s'est toujours poursuivi : "Il y a eu des discussions, à la fois bilatérales et multilatérales, avec les partenaires sociaux", précisant que celles-ci "ne sont pas rompues". Une réponse au président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait regretté dans un tweet la méthode de l'exécutif : "Ce n'est pas la meilleure façon d'améliorer le dialogue avec les partenaires sociaux", avait-il dénoncé, tout en se disant "partant" pour réformer l'organisme, mais "dans le dialogue et la concertation".

 

Pour rappel, l'ex-1% Logement, dont les financements sont assurés grâce à une taxe versée par les entreprises, a déjà abondé le budget 2020 à hauteur de 500 millions d'euros, et un prélèvement supplémentaire de 300 millions a été acté par le Gouvernement début 2019 pour compenser le manque à gagner des économies demandées au monde du logement social.

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