À l'occasion de son événement annuel, le Congrès des architectes, organisé à Dunkerque (Nord) les 29, 30 et 31 octobre 2026, l'Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa) a fait le point sur la situation de la profession. Batiactu s'est entretenu avec sa présidente, Laure-Anne Geoffroy-Duprez, et son vice-président, Franck Durand. Tous deux reviennent sur les conditions d'exercice des architectes et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les agences.

Batiactu : En 2027, la loi du 3 janvier 1977 fêtera ses 50 ans. Quel bilan de son application en tirez-vous ? Aujourd'hui, les architectes occupent-ils la place que le législateur entendait leur donner dans la société ?

Laure-Anne Geoffroy-Duprez. : Les architectes de l'Unsfa ont participé à l'élaboration de cette loi. À travers la reconnaissance de l'architecture comme étant d'intérêt public, l'organisation de la profession et la définition de la valeur de l'architecture, les choses se sont très bien passées. Mais la loi ne définit pas véritablement la place de l'architecte. De nombreuses dérogations ont été mises en place quelques jours après son adoption afin d'écarter l'architecte [de certaines missions, ndlr]. À peine adoptée, la loi voyait donc déjà s'effacer une partie de ses ambitions concernant la place de la profession.

 

L'architecture n'a, elle, jamais été remise en cause. La place de l'architecte, en revanche, l'a été. Successivement, plusieurs tentatives ont visé à l'évincer, notamment avec la loi Elan [pour évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, promulguée en novembre 2018, et qui vise à réformer le secteur de l'immobilier, de la construction et de l'aménagement du territoire.]

 

Franck Durand : La loi ne définit pas les conditions d'exercice de notre métier. Elle prévoit que, dans certains cas, le recours à l'architecte est obligatoire pour produire de l'architecture. Nous avons besoin d'une profession en bonne santé, exerçant dans de bonnes conditions, pour que l'architecte, dans le cadre du recours obligatoire, puisse produire une architecture d'intérêt public. Pour respecter l'article premier, qui reconnaît l'architecture comme étant d'intérêt public, il faut améliorer les conditions d'exercice du métier d'architecte.

 

"La loi de 1977 ne définit pas les conditions d'exercice de notre métier."

 

Batiactu : Faut-il faire évoluer la loi ?
Il vous reste 76% à découvrir.
Ce contenu est réservé aux abonnés
Déja abonné ? Se connecter
Abonnez-vous maintenant pour le lire dans son intégralité
Et bénéficiez aussi :
D'un accès illimité à tous les articles de Batiactu
D'une lecture sans publicité
De toutes les interviews et analyses exclusives de la rédaction
actionclactionfp