REACTIONS. Les professionnels du secteur du Bâtiment et du Logement se montrent, dans l'ensemble, plutôt satisfaits de la "Stratégie pour le logement" présentée par le Gouvernement. Même si les CMistes s'alarment de la réduction du Pinel et du PTZ. Le mouvement HLM, lui, parle d'une potentielle "catastrophe pour les territoires".

La Stratégie logement du Gouvernement, avant même d'être présentée, faisait l'unanimité contre elle. Qu'en est-il aujourd'hui que l'ensemble de son contenu a été rendu public ? Tout dépend des secteurs concernés, même si globalement une forme de satisfaction semble dominer, excepté dans le secteur du logement social.

 

La Fédération française du bâtiment (FFB) a fait savoir par communiqué de presse qu'elle se félicitait "pour l'essentiel" des annonces faites par les deux ministres. Il s'agit notamment de la prolongation du Pinel et du PTZ en zones tendues, mais aussi de l'inversion de la fiscalité immobilière et de la lutte contre les recours abusifs. Toutefois, l'organisation patronale regrette la "brutale disparition" du PTZ en zone C et du Pinel en zone B2. "Ce signal très négatif ne pourra que contribuer à accentuer la fracture territoriale, pourtant au cœur des préoccupations gouvernementales, alors que, là aussi, les besoins existent."

 

Les promoteurs immobiliers "agréablement surpris"

 

Même son de cloche du côté des Constructeurs-aménageurs de la FFB (LCA-FFB), pour qui le coup d'arrêt du PTZ en zone B2 et C aura plusieurs effets néfastes : priver 50 à 70.000 ménages modestes d'une aide pour s'engager dans l'accession à la propriété dans des conditions parfaitement sécurisées et casser la dynamique de croissance du logement retrouvée depuis deux ans. Le reciblage du Pinel n'arrange pas les choses, pour la LCA-FFB, qui reconnaît toutefois que "d'autres mesures annoncéees s'avèrent très positives et rejoignent les voeux exprimés de longue date par les professionnels".

 

La satisfaction est plus complète du côté de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). "Je suis agréablement surprise que le gouvernement ait pris à coeur le sujet du logement", a ainsi affirmé Alexandra François-Cuxac, présidente de l'organisation, durant une conférence de presse. "Le gouvernement entend libéraliser la construction et libérer ses contraintes, au service de la baisse des coûts de construction. C'est une vision sur cinq ans." Toutefois, la FPI annonce qu'elle restera vigilante sur la pause annoncée des normes techniques, les dispositifs de soutien à la construction en zones tendues et le rôle du Conseil supérieur de la constrution et de l'efficacité énergétique (CSCEE).

Le mouvement HLM parle d'une "catastrophe pour l'ensemble des territoires"

Mais le mécontentement est total du côté de l'Union sociale pour l'habitat, qui en appelle "solonellement au président de la République". "Les locataires du parc Hlm, les demandeurs d'un logement social, les collectivités locales et les entreprises du bâtiment seront les grands perdants de la réforme Mézard-Denormandie", assène l'organisation dans un communiqué de presse. Pour elle, l'objectif de baisse des APL et des loyers n'est "pas soutenable" et "n'améliorera en rien le pouvoir d'achat des locataires". "La baisse de ressources annoncée aux bailleurs sociaux, de l'ordre de 1,5 milliard d'euros, équivaut à la moitié des sommes consacrées à l'entretien courant et aux frais d'entretien, ou encore aux trois quarts de leurs capacités d'investissement dans la production de logements neufs, affectant l'activité des entreprises du bâtiment.
Il s'agirait d'une catastrophe pour l'ensemble des territoires."

 


"Une vraie stratégie logement" pour Thierry Lajoie, Grand Paris Aménagement (GPA)

Interrogé par Batiactu, Thierry Lajoie, président de Grand Paris Aménagement (GPA) déclare être "extrêmement satisfait de la stratégie des ministres et de la simplification du choc de l'offre en particulier pour relancer les grandes opérations d'urbanisme en zone tendue et donc dans le Grand Paris". "Ce que je retiens aussi du Gouvernement : construire plus, construire mieux, construire moins cher et pour tous, c'est donc d'après moi une vraie stratégie logement", estime-t-il. Avant de poursuivre : "Ce projet partenarial d'aménagement (PPA) annoncé ce mercredi est une manière pour nous très pertinente de réaligner les intérêts de tous les acteurs. Aujourd'hui, un élu en zone tendue a plus d'intérêt à construire des bureaux que des logements car le domaine du bureau constitue une recette et les seconds, une dépense. Désormais, l'idée de ce PPA devra être nourrie par des incitations fiscales."

 

Patrick Liébus, président de la CAPEB interpelle sur les freins dans le marché du neuf


Interrogé par Batiactu, Patrick Libéus, président de la Capeb, craint surtout que "ces mesures ralentissent le marché de la construction neuve." "Ce déplacement d'orientation et de direction devrait impacter le secteur de la construction, ajoute-t-il. Le dispositif PTZ en zone tendue aurait dû être généralisé mais je regrette que le Pinel soit encadré de cette manière ! En revanche, le maintien du Crédit d'impôt de transition énergétique, que j'ai toujours défendu reste une très bonne chose. Le coup de pouce donné aux certificats d'énergies va également dans le sens. Reste à savoir, si les gens de grande précarité qui toucheront 3.000 euros d'aides, pourront réaliser leurs travaux de rénovation."

 

Par ailleurs, la "pause annoncée sur les normes est une très bonne avancée. Le Conseil supérieur de la construction dont je fais parti passe d'une volonté à une action concrète." Enfin sur le principe du Bim, "il est nécessaire d'avoir un BIM adapté aux entreprisses et pour la réhabilitation." Enfin, Patrick Liébus, sera "très vigilant sur le maintien à domicile pour les personnes aux logements et pour les personnes handicapées."

 

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