ENTRETIEN. Le premier comité de pilotage du plan BIM 2022 s'est réuni le 24 janvier 2019 en accueillant quatre nouveaux représentants du monde de la construction, en plus de tous ceux qui participaient déjà au PTNB. Yves Laffoucrière a répondu aux questions de Batiactu.

Batiactu : Quelles sont les nouvelles du plan BIM 2022 en ce début d'année 2019 ?
Yves Laffoucrière : Ce jeudi 24 janvier, s'est réuni le premier comité de pilotage qui a accueilli tous les partenaires, anciens - du Plan de transition numérique dans le bâtiment (PTNB) - et nouveaux puisque le plan s'est élargi à quatre nouveaux membres : l'Union nationale des géomètres-experts (UNGE), la fédération des SCOP-BTP, Entreprises générales de France BTP (EGF-BTP) et la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC). Je vous rappelle que les deux axes du plan sont de généraliser l'utilisation de la maquette numérique notamment dans la commande et de la partager dans tous les territoires, avec tous les acteurs au moyen d'outils adaptés. En tout, huit actions ont été identifiées dont sept seront pilotées par ADN Construction et une, la plateforme Kroqi, par le CSTB. Le prochain comité de pilotage se réunira dès le 26 mars prochain, afin de maintenir une bonne dynamique, car il a été convenu que nous nous retrouverions au moins quatre fois par an, voire plus si c'était nécessaire. Le principe d'une consultation numérique est également possible.

 

Batiactu : Qu'en est-il des premières actions concrètes ?
Yves Laffoucrière : Nous avons deux chantiers prioritaires. Le premier est la mise en place d'un Observatoire du numérique par ADN Construction, qui devra être opérationnel dans un an, au début de 2020. Le second sera la mise au point du cahier des charges des relations entre maître d'ouvrage et maître d'œuvre et maître d'ouvrage et entreprises. Des actions de communication seront engagées pour embarquer l'ensemble de la profession après l'excellent travail de développement effectué par le PTNB. Le but sera de faire adhérer les acteurs en mettant en valeur des actions déjà engagées, pour leur valeur démonstrative. Un bilan détaillé des actions du PTNB entre janvier 2015 et décembre 2018 sera présenté au printemps, avec une fiche technique pour chacun des 80 projets développés de façon concrète, afin de rebondir après ce qui a déjà été fait. D'autres chantiers spécifiques, plus techniques, seront également menés notamment sur l'interopérabilité, le cadre normatif.

 

Batiactu : Justement sur ces aspects, la nomination de M. Souheil Soubra du CSTB à la tête du groupe de travail BIM de l'Union européenne est-elle une bonne nouvelle pour la France ?
Yves Laffoucrière : Je me réjouis du rôle de pointe que joue le Centre scientifique et technique du bâtiment. Les standards dépassent les seuls frontières de la France et se jouent au niveau international. Il faut donc être en phase avec ce qu'il s'y dit et que nos spécialistes suivent tout ça. La volonté du gouvernement est de passer au stade opérationnel. Il n'y aura donc pas de blocage lié au financement puisqu'il est établi au moins jusqu'en 2022. Ce qui faut c'est rendre effective la transformation numérique.

 

Batiactu : Comment votre parcours personnel (vous avez été directeur général de l'immobilière 3F) vous aidera dans votre mission de présidence du plan BIM 2022 ?
Yves Laffoucrière : J'ai eu une longue carrière dans la maîtrise d'œuvre puis la maîtrise d'ouvrage et l'aménagement. Je ne suis pas un spécialiste du BIM mais un généraliste qui a beaucoup construit, beaucoup rénové, des hôtels, des hôpitaux, des ouvrages d'art… Et j'ai constaté les limites des travaux traditionnels. Le BIM va apporter une transformation pour gagner en délai, en qualité et en maîtrise des coûts. Car il est aujourd'hui très compliqué de construire, avec l'ensemble des normes exigées, réglementation thermique, sismique, accessibilité… L'adoption d'outils plus efficaces est indispensable. Et c'est parti, la dynamique est forte ! Je suis frappé de voir comment les acteurs de terrain, qui étaient hésitants il y a quelques années, ont aujourd'hui envie de cette transformation inévitable, comme le passage de la planche à dessin à l'ordinateur. Je serai très vigilant à ce que les "petits" soient embarqués dans cette transformation.

 

Batiactu : Il y a autant de définition de la maquette numérique que de personnes interrogées. Pour vous, qu'est-ce qu'un BIM manager ?
Yves Laffoucrière : Il faut s'attacher au mot "manager". Cela signifie que cette personne est responsable, qu'elle centralise tout, comme un chef de projet ou un directeur de programme. Suivant la phase d'avancement d'un projet de construction, cette charge ne sera pas exercée de la même façon : elle sera prise en charge par la maîtrise d'œuvre lors de la conception et sera chez le gestionnaire en phase exploitation. Il ne s'agit donc pas d'une seule et même personne.

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