Rive gauche, rive droite : même combat pour la FFB Grand Paris. Ses dirigeants estiment, en effet, que les élus parisiens n'ont pas pris en compte "les conséquences désastreuses sur l'activité économique", de l'aménagement annoncé ces jours-ci par la Ville, en l'occurrence les délais de réalisation des chantiers et l'augmentation des charges internes des entreprises.

Après avoir exprimé son opposition à la reconquête des voies sur berge en rive gauche en 2013, la FFB Grand Paris fait aujourd'hui part de son mécontentement à l'encontre du projet d'aménagement des berges en rive droite, présenté la semaine dernière par les élus parisiens.

 

Le projet de piétonisation de la voie Georges Pompidou augmenterait notamment de manière conséquente les problèmes de circulation sur les autres axes affirme, la FFB Grand Paris, représentative de 5.000 entreprises de bâtiment couvrant Paris, les Hauts-de-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val de Marne. Un chiffre à retenir : 150.000 salariés du bâtiment se déplacent dans Paris chaque jour.

"Les problématiques de circulation ont une influence directe sur les délais de réalisation des chantiers"

"Rappelons, que les problématiques de circulation ont une influence directe sur les délais de réalisation des chantiers et augmentent les charges internes de l'entreprise, nous explique Jean Balas, vice-président de la FFB Grand Paris et dirigeant d'une entreprise de plomberie, génie climatique, couverture, électricité, de 850 salariés basée à Saint-Ouen. Cette nouvelle mesure risque donc d'accroître encore le coût des travaux des chantiers parisiens et de pénaliser nos entreprises déjà fortement contraintes par la crise économique."

 

Les conséquences sont catastrophiques, selon lui. "J'estime, par exemple, que mes 400 employés qui circulent en voiture, perdent environ 30 % de leur temps quotidien* sans oublier l'augmentation annuelle de 20 % des contraventions. Si les berges de Seine sur la rive droite sont supprimées, le constat n'en sera que plus catastrophique, la démotivation, le stress seront supérieurs sans compter la difficulté de gérer des missions de livraison des matériaux et d'évacuation des déchets !"

Vers une dégradation des conditions de travail

Avant d'enfoncer le clou : "Au-delà de la dégradation des conditions de travail, c'est aussi le surcout du travail qui risque de favoriser le travail illégal chez le particulier."

 

Les problèmes de circulation réduisent également le nombre d'interventions par jour chez les particuliers pour des corps de métier tels que les plombiers ou les électriciens. Et la baisse du chiffre d'affaires des entreprises et l'augmentation des coûts des travaux fragiliseraient les emplois.

 

"Le projet lui-même est une belle idée, signale-t-il néanmoins. Ce que l'on reproche avant tout sur ce projet, c'est un manque de concertation et de solutions alternatives à l'image de l'instauration d'un péage urbain ou la mise en place de véhicules propres…"

Manque de concertation

La FFB Grand Paris, s'interroge également sur la volonté de la municipalité parisienne de garder la capitale de France comme zone économique et regrette que la mise en place d'infrastructures adaptées ne précèdent pas des projets urbains tels que celui-ci.

 

Enfin, la FFB Grand Paris élargit le sujet et voit plus loin : un projet d'une fermeture de route ou de piétonisation pénalise l'activité du bâtiment si les mesures et les concertations ne sont pas prises en amont. "La problématique parisienne reste spécifique d'une part, par la densité urbaine et d'autre part par un patrimoine construit nécessitant un entretien important", conclut Jean Balas.

 

Pour rappel en 2013, la fédération présidée à cette période par Michel Sénéchal considérait que ce projet de piétonisation des berges de de Seine ne prenait pas en compte la totalité des impacts potentiels sur les entreprises du bâtiment d'Ile-de-France, et qu'en particulier l'impact du report de trafic sur les autres axes avait été sous-estimé. Avec la CGPME Paris et le Medef Ile-de-France, elle avait d'ailleurs déposé un recours contre la délibération de la Ville de Paris de décembre 2011 déclarant ce projet d'intérêt général. A noter que ce recours est toujours en cours.

 

*En juin 2012, la FFB Grand Paris avait réalisé une enquête auprès de ses entreprises adhérentes. Le résultat était sans appel : les entrepreneurs interrogés rendaient les différents aménagements de la voirie parisienne responsables de l'augmentation de 30 % des temps de transport qu'ils subissent.

 

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