SÉRIE PATRIMOINE (1/5). Dans un entretien exceptionnel à Batiactu, Stéphane Bern dresse un bilan de sa Mission patrimoine et revient sur l'enjeu économique des chantiers de restauration patrimoniale pour les territoires. S'il se félicite de l'engouement des jeunes et actifs en reconversion pour les métiers du bâtiment, il dénonce aussi l'implantation d'éoliennes ou de panneaux photovoltaïques dans des paysages ou à proximité de sites classés.


À l'occasion de l'édition 2022 de la Mission patrimoine, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture ainsi que par la Française des jeux (FDJ), Stéphane Bern a accordé un entretien à Batiactu pour dresser un bilan du dispositif. L'occasion aussi pour lui d'insister sur l'intérêt économique et social des chantiers de restauration patrimoniale pour les territoires, surtout ruraux, et de souligner le regain d'attractivité des métiers d'art du bâtiment.

 

 

Cette semaine, Batiactu vous propose une série d'articles consacrés au patrimoine à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, qui se dérouleront les 17 et 18 septembre 2022. Au menu, plusieurs reportages détaillant l'ensemble des enjeux concernant ce domaine.

 

L'animateur de télévision et de radio fustige toutefois les projets d'implantation de capacités d'énergies renouvelables - éoliennes et panneaux photovoltaïques - dans des paysages ou à proximité de sites classés, et appelle une nouvelle fois à la mobilisation générale pour sauvegarder l'héritage matériel de l'histoire de France. Taclant au passage les élus locaux qui pratiquent l'artificialisation des sols à outrance, Stéphane Bern enjoint les professionnels du bâtiment à rénover plutôt qu'à construire. Et n'oublie pas d'indiquer ce qu'il attend du second quinquennat d'Emmanuel Macron en matière de patrimoine.

 


Batiactu : Quel bilan dressez-vous de la Mission patrimoine ?

 

Stéphane Bern : En cinq ans, 745 sites ont été sélectionnés par la Mission patrimoine, plus de 63% sont en cours de restauration ou déjà restaurés, et nous avons récolté 200 millions d'euros. Je trouve que c'est quand même un bilan assez positif ! Mais le bilan n'est pas seulement celui de l'argent ou du nombre de monuments sauvés ; je crois qu'on a redonné le goût du patrimoine aux Français, et on a surtout permis à ce que tous les chantiers puissent avoir lieu, même pendant les confinements, et cela a donné de l'emploi aux artisans.

 

Je n'oublie jamais tous ceux qui travaillent sur le patrimoine : les métiers d'art, les tailleurs de pierres, les couvreurs, les charpentiers… Ils sont tous très reconnaissants qu'on leur donne du travail car c'est tout un écosystème qui gravite autour de ces chantiers. Les gens pensent toujours qu'on sauve des pierres, mais je dis qu'on sauve surtout des gens ! Parce que derrière les pierres, il y a des êtres humains qui ont besoin de ces chantiers de restauration pour continuer à vivre.

 


Quel est votre ressenti général dans les déplacements, les réunions que vous pouvez faire auprès des professionnels, des élus, de la population ? Que vous disent les habitants lorsqu'ils voient l'église de leur village être rénovée ?

 

S. B. : Les gens sont très reconnaissants. Il y a un changement complet de priorités. Je crois qu'au-delà de ce que l'on peut faire, le patrimoine est devenu une cause nationale. Il n'a pas été décrété comme tel par l'État, mais les Français se sont appropriés cette cause. Quand vous faites le bilan de la mobilisation des citoyens sur le site Internet de la Mission patrimoine, vous voyez bien que ce sont eux qui s'impliquent en nous indiquant les monuments à sauver. Cela ne vient jamais d'en haut. L'État fait plutôt bien son travail avec le ministère de la Culture, mais de notre côté ce sont les Français qui nous signalent une chapelle, une grange, une tuilerie ou une cuivrerie en mauvais état, et nous volons ensuite à leur secours. Je crois que les gens sont touchés car nous nous intéressons au patrimoine de proximité.
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