TRANSITION ÉNERGÉTIQUE. Les eurodéputés ont présenté à la mi-septembre 2020 des pistes de réflexion pour améliorer l'efficacité énergétique du parc immobilier des Etats-membres et assurer ainsi la neutralité carbone des villes du Vieux Continent d'ici 2050. Le Parlement européen a également appelé à une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le bâti.

Il est décidément question de transition écologique et énergétique partout, en France comme en Europe : le 17 septembre 2020, le Parlement européen a présenté des pistes de réflexion pour améliorer l'efficacité énergétique du parc immobilier des Etats-membres, de sorte à parvenir à la neutralité carbone des villes du Vieux Continent d'ici 2050. Les eurodéputés estiment que "la vague de rénovation" lancée à travers l'Europe, suite au "Green deal" de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, permettra de lutter davantage contre la précarité énergétique. Les différents plans de relance adoptés par les Etats-membres devraient également accélérer ce mouvement.

 

Pour l'heure, on chiffre à quelque 50 millions le nombre de ménages de l'Union européenne confrontés à cette situation qui plombe leur facture énergétique. Plus largement, les spécialistes considèrent que le bâtiment est le secteur possédant la plus grande consommation d'énergie à l'échelle de l'UE, et que 97% du parc immobilier communautaire ne présente aucune efficacité énergétique. Une étude a mis en avant que l'accélération du rythme de rénovation des bâtiments conduirait à créer jusqu'à deux millions d'emplois dans le BTP, un chiffre non-négligeable après le cataclysme économique du confinement sanitaire décrété au printemps dernier.

 

Associer les artisans et petites entreprises du bâtiment aux mesures de relance

 

Dans une communication, les eurodéputés ont demandé à ce que "les politiques de construction et de rénovation [soient] inclusives et [contribuent] aux objectifs climatiques de l'Union, mais aussi [qu'elles intègrent] les chaînes de valeur locales", sans pour autant "entraîner une charge insupportable en termes de coûts de location pour les locataires". Des parlementaires qui ont aussi appelé à une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le bâti, en mettant en avant que les systèmes de chauffage et de refroidissement urbain décarbonés sont de plus en plus pertinents dans des agglomérations de plus en plus denses et inter-connectées.

 

Parmi toutes les considérations, avis et propositions contenus dans la résolution adoptée le 17 septembre à Bruxelles, une mesure concerne plus spécifiquement les artisans et petites entreprises du bâtiment. Les parlementaires de l'UE demandent ainsi explicitement que "les secteurs de la construction et de la rénovation, notamment les micro, petites et moyennes entreprises, soient associés aux trains de mesures de relance" ; l'autre moitié de la proposition visant à ce que "le plan de relance économique accorde la priorité aux investissements dans la rénovation des bâtiments en vue de faire émerger un parc immobilier à haute efficacité énergétique et fondé sur des ressources renouvelables".

 

"Proposer des taux annuels minimums de rénovation des bâtiments"

 

Autant de lignes directrices qui nécessitent évidemment les financements adéquats, d'où une demande des eurodéputés aux gouvernements de l'Union de mettre les fonds nécessaires pour atteindre les objectifs des plans de relance nationaux et de celui de la communauté européenne. Avec même le souhait de placer la barre encore plus haut : "La Commission devrait revoir à la hausse les objectifs d'efficacité énergétique, comme l'exige la directive sur l'efficacité énergétique, et proposer des taux annuels minimums de rénovation des bâtiments ainsi que des mesures créant des déclencheurs financiers et une stabilité des investissements", indique le communiqué du Parlement.

 

Dans la même logique, ce dernier a adopté une résolution demandant aux commissaires d'élaborer une nouvelle stratégie plus ambitieuse pour rendre les villes et les infrastructures plus respectueuses de l'environnement. Ce qui pourrait par exemple se traduire par des mesures de réduction du trafic urbain et d'amélioration de la qualité de l'air, par le biais de nouveaux modes de transport. La végétalisation des toits et des façades en milieu urbain, une mesure pourtant en partie décriée, devrait en outre être amplifiée, selon les eurodéputés, non seulement pour améliorer la qualité de l'air mais aussi l'isolation du bâti.

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