Le projet de tramway parisien, dont le premier tronçon doit relier au sud de la capitale, les 13ème et 15ème arrondissements, a reçu le feu vert de la commission d'enquête publique. Cette ligne de 7,9 km passera finalement par les boulevards extérieurs et non par la Petite Ceinture. Elle devrait ouvrir en 2006.

Par deux voix contre une, les commissaires enquêteurs ont donné un avis favorable, assorti de "réserves" techniques et d'un "souhait" qui ne remettent pas en cause les grands choix opérés pour ce projet majeur de la municipalité Delanoë, a été rendu public jeudi par la préfecture de Paris.
L'option du tracé, sur les boulevards dits "des Maréchaux" qui ceinturent Paris n'est pas contestée.

Un débat animé - et traversant les partis politiques - avait pourtant opposé tenants de ces boulevards et adeptes d'une revitalisation de la "Petite ceinture ferroviaire", voie de chemin de fer intra-muros désaffectée depuis les années trente et qui a transporté, en 1900, plus de 39 millions de voyageurs.
La commission relève d'ailleurs au passage qu'aux termes de la loi, "la politique globale de transports optimise en priorité l'utilisation des réseaux existants". Or le projet de tramway sud "n'optimise pas l'utilisation" de l'infrastructure existante, celle de Petite ceinture.

Cette ligne sera longue de 7,9 km, entre Porte d'Ivry et Pont de Garigliano. Il s'agira du premier tronçon d'une ligne de tram destinée à terme à faire le tour de Paris. Outre les XII, XIV et XVèmes, sont desservies directement sept communes limitrophes (Issy-les-Moulineaux, Vanves, Malakoff, Montrouge, Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre, Ivry-sur-Seine).

Ce chantier doit être accompagné d'un projet urbain de développement des quartiers périphériques de Paris qui passent réaménagement des quartiers des Maréchaux, excentriques et oubliés, où vivent plusieurs centaines de milliers de Parisiens.
L'objectif de ce plan est de mieux relier les territoires de part et d'autre du boulevard périphérique, en réduisant la coupure créée par le boulevard périphérique, et en améliorant la qualité du paysage des lieux.

La décision des commissaires enquêteurs est assortie de trois réserves : ne pas augmenter le nombre de stations de trawmay (ce qui ralentirait la ligne) tant qu'un autre moyen de transport lourd ne sera pas mis en place sur la petite ceinture, planter plus de 400 arbres le long des voies (comme la mairie s'y est engagée) et suivre les travaux de déviation des réseaux.
La commission se dit favorable au déplacement des canalisations d'eau souterraines nécessaires à l'édification du réseau tram, sous réserve expresse de mise en place d'une "structure d'information, de suvi et de médiation" de ces transferts.

Le maire de Paris Bertrand Delanoë a aussitôt exprimé sa "satisfaction" après cette décision et a promis que les réserves de la commission seraient "pleinement prises en considération".
L'avis favorable de la commission "constitue une étape très importante" pour ce projet qui "ouvre des perspectives considérables en terme de déplacements et de liaisons inter-urbaines", a estimé M. Delanoë dans un communiqué.

De son côté, Denis Baupin, adjoint (Vert) au maire chargé des Transports, a vu dans la décision des commissaires une "excellente nouvelle pour les très nombreux Parisiens et Franciliens usagers potentiels de la première ligne de tram de la capitale". Son équipe va, avec l'autre maître d'ouvrage, la RATP, tout mettre en oeuvre pour que le premier convoi roule en 2006.

Plus d'infos sur le site www.tramway.paris.fr

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