Par la voix du député Daniel Boisserie, le seul architecte élu à l'Assemblée Nationale, le Parti socialiste estime que le nouveau dispositif de partenariats public-privé (PPP) "fait resurgir le spectre de la corruption et des marchés truqués".

Lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, le Parti socialiste a demandé mercredi au gouvernement de retirer ce texte.
"Ce projet fait resurgir le spectre des marchés truqués et de la corruption qui a longtemps gangrené la vie politique française. M. le ministre, au nom du groupe socialiste, je vous demande de retirer ce dangereux projet", a déclaré le député PS Daniel Boisserie (Haute-Vienne) à l'attention du ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian.

"Ce partenariat public-privé (PPP) consiste à faire financer par le privé l'investissement public, permettant ainsi de camoufler la dette réelle, héritage bien négatif pour les générations futures", a déclaré M. Boisserie, déclenchant les protestations dans les rangs des députés de la majorité.
"A-t-on le droit d'engager l'avenir de nos enfants dans l'unique intérêt de notre petit confort fiscal du moment'", s'est-il interrogé.
"Ce projet soulève l'indignation de tous ceux qui concourent à l'acte de bâtir, les architectes, les ingénieurs, les artisans, les PME, et de tous les salariés du BTP. Vous voulez permettre par un marché unique de confier à de très grosses entreprises la conception, le financement et la construction et même l'exploitation des investissements publics", a-t-il ajouté.
"Au-delà de la qualité architecturale sacrifiée sur l'autel du profit, c'est la sécurité des personnes qui est en cause. Le drame de Roissy (ndlr: le 23 mai, l'effondrement d'une partie du terminal 2E avait fait quatre morts) est là pour nous le rappeler", a conclu M. Boisserie.

Dans sa réponse, M. Devedjian a jugé "indigne" et "absurde" d'"utiliser le drame de Roissy pour de vaines polémiques politiciennes, d'abord parce qu'on en connaît pas encore les causes, et deuxièmement parce que Roissy n'a pas été construit sous le régime de partenariat que vous critiquez".
"Deuxièmement, si c'est pour parler des marchés truqués, je vous écoute bien volontiers, parce qu'au parti socialiste, on est orfèvre, la justice en sait quelque chose!", a-t-il ajouté, déclenchant une autre vague de protestations, cette fois dans les rangs du PS.
"Je n'estime pas que la droite a des leçons à donner dans ce domaine, mais elle ne peut pas en recevoir de vous", a-t-il estimé sous les huées.

"Le contrat de partenariat est simplement une technique moderne d'administrer nos collectivités et l'Etat en prenant en considération la spécialisation et la professionnalisation", a ajouté le ministre délégué.
"En critiquant ce qui est simplement un nouvel outil juridique de modernisation et de gestion, vous ne faites preuve que d'une seule chose, en dépit de votre esprit polémique, c'est de votre conservatisme", a-t-il conclu.

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