PERFORMANCE ÉNERGETIQUE. La Fnaim voit dans le nouveau DPE présenté le 15 février "un outil plus fiable et plus lisible au service de la rénovation énergétique". Son caractère opposable et sa présentation obligatoire dans les agences immobilières sont également salués.

"Le nouveau DPE sera un outil plus fiable, au service des consommateurs" se réjouit Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim, au lendemain de la présentation de la nouvelle mouture du diagnostic de performance énergétique, le 15 février. Celui-ci sera, à compter du 1er juillet prochain opposable, puis, au 1er janvier 2022, il deviendra obligatoire pour toute vente ou mise en location d'un logement, avec présentation dans l'offre de trois éléments : l'étiquette énergétique (dont les valeurs ont été refondées), l'étiquette climat, et l'estimation de la facture énergétique annuelle. Un enjeu fort pour les agences immobilières.

 

 

C'est également sur la base de ce nouveau DPE que seront progressivement interdites à la location les passoires thermiques, désormais clairement identifiées par les catégories F et G. Après une première interdiction en 2023 pour certains logements extrêmement énergivores de la catégorie G (plus de 450kWh/m2.an d'énergie finale), le projet de loi Climat et résilience prévoit que tous les logements de catégorie G seront considérés comme indécents en 2025, puis les logements de classe F en 2028. Le réseau d'agences constate que la refonte du DPE n'engendrera pas une démultiplication du nombre de passoires (qui reste de 4,8 millions). "C'était un enjeu d'acceptabilité : la classification en F ou G reflète pour les particuliers une dévalorisation de leur bien. Ce n'est pas anodin", fait valoir la Fnaim.

 

Une demande du secteur

 

"La mise en place de ce nouveau diagnostic de performance énergétique correspond à une demande des professionnels", assure le président du premier réseau d'agences en France. "C'est également indispensable afin d'éviter les travaux de rénovation inutiles" : le DPE inclura en effet des préconisations précises de travaux avec indication de la classe énergétique atteinte grâce à ceux-ci. "La fiabilisation du diagnostic est également une bonne nouvelle pour les copropriétés puisque le DPE, si le projet de loi Climat et résilience est adopté, sera pour elles collectif", ajoute Jean-Marc Torrollion.

 

La méthode de calcul du DPE ne prendra plus en compte seulement la consommation d'énergie primaire (calculée en kilowattheure par mètre carré et par an), mais aussi les émissions de gaz à effet de serre liées à un logement (exprimées en kilogrammes de CO2 par mètre carré et par an). Une bonne nouvelle pour la Fnaim, qui considère, comme le gouvernement, que "les effets occasionnellement pervers du DPE en énergie primaire sont corrigés" par l'introduction de ce double seuil : pour son président, "un logement mal isolé et chauffé au gaz ou au fioul était bien souvent mieux classé qu'un logement chauffé à l'électricité bénéficiant d'une meilleure isolation. Cet effet est corrigé par ce double seuil".

 

La méthode de calcul, à la fois "plus fiable" et "homogène à tous les logements", emporte également la satisfaction de la Fnaim, puisque "les caractéristiques physiques du logement comme le bâti, la qualité de l'isolation, le type de fenêtres ou le système de chauffage seront mieux pris en compte".

 

Comment accompagner les agents dans cette transition ?

 

La Fnaim assure qu'elle "s'est d'ores et déjà dotée d'outils, y compris de compétences en interne, afin d'accompagner ses adhérents pour qu'ils soient en capacité de guider les consommateurs dans les nouvelles obligations liées au DPE". "Nous ne le cachons pas, ce nouveau DPE représente une transition, mais à la mesure du défi écologique qui s'impose plus globalement à l'immobilier".

 

"Ce nouveau DPE permettra de confirmer et peut-être d'accélérer la tendance de fond de ces dernières années en faisant augmenter la 'valeur verte' dans les processus d'achat. Tout l'enjeu de la profession sera d'accompagner au mieux les consommateurs pour tenir compte de cette réalité et participer à l'effort nécessaire de rénovation énergétique du parc immobilier français"
, indique enfin Jean-Marc Torrollion.

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