PATRIMOINE. L'Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris vient de signer une convention de Recherche & développement avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Le partenariat prévoit, entre autres, des investigations en carrières et des essais en laboratoires sur des échantillons de pierres, dans l'optique de trouver des gisements capables de fournir le chantier.

Sera-t-il possible d'approvisionner le chantier de reconstruction de Notre-Dame en pierres similaires à celles utilisées initialement ? C'est pour tenter de répondre à cette question qu'une convention de Recherche & développement vient d'être signée entre l'Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), portant plus exactement sur "l'identification, la caractérisation et la sélection de nouvelles pierres esthétiquement et physiquement compatibles avec les pierres endommagées".

 

"Les pierres d'origine ont été initialement extraites du sous-sol de Paris"

 

Les deux organisations sont parties du principe que l'incendie de l'édifice, le 15 avril 2019, a causé d'importants dégâts sur des éléments constructifs en pierre, qui devront être remplacés par des matériaux neufs "compatibles avec le monument" et "dans des quantités importantes" en comparaison aux chantiers classiques de restauration du patrimoine.

 

Les spécialistes se sont donc penchés sur l'histoire des pierres de Notre-Dame : "Les pierres d'origine ont été initialement extraites du sous-sol de Paris. Il s'agit de roches calcaires d'âge lutétien, une couche géologique qui s'est formée il y a 41 à 48 millions d'années", expliquent-ils dans un communiqué commun. "De tels terrains affleurent en de nombreux secteurs du 'bassin parisien' - plus grand des trois bassins sédimentaires français, qui couvre la majorité de la moitié Nord de la France avec une superficie de 110.000 km² environ - et se trouvent encore exploités aujourd'hui pour la fourniture de pierres de construction dans une dizaine de carrières au nord de Paris, dans les départements de l'Oise et de l'Aisne."

 

Le programme va d'abord s'intéresser aux sites d'extraction en activité avant d'analyser les "gisements non-exploités"

 

L'objectif est donc de savoir si des gisements seraient en mesure de fournir des pierres similaires à celles d'origine. Le processus de sédimentation sera par conséquent étudié de près pour identifier les caractéristiques des pierres potentiellement adaptées aux travaux de restauration de la cathédrale. Les recherches comprendront des investigations en carrières ainsi que des essais en laboratoires sur des échantillons. Depuis juillet 2020, des équipes de géologues, de sédimentologues, de géomaticiens et de techniciens de laboratoires travaillent déjà en collaboration avec le Laboratoire de recherches des monuments historiques (LRMH) du ministère de la Culture. Censé s'achever vers la mi-2021, le programme d'études va d'abord s'intéresser aux sites d'extraction en activité, avant d'analyser les "gisements non-exploités susceptibles si nécessaire de fournir au chantier les pierres compatibles avec celles de l'édifice".

 

Les résultats de ces travaux de recherches seront compilés dans "un guide méthodologique de référence applicable à la cathédrale" mais qui pourra également servir à "d'autres édifices de la région parisienne".

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