RESTAURATION. Suite à la question écrite d'un député, le ministère de la Culture a indiqué que la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture avait approuvé le 9 juillet 2020 le rétablissement de l'architecture de Viollet-le-Duc pour le chantier de réhabilitation de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Autrement dit, un feu vert de principe a été donné à une éventuelle ré-utilisation du chêne pour la charpente, et du plomb pour la couverture.

Notre-Dame de Paris va être reconstruite à l'identique, au matériau près. C'est ce qui ressort de la réponse du ministère de la Culture à une question écrite du député marcheur Jacques Marilossian (Hauts-de-Seine), qui a interpellé le Gouvernement en juillet 2020 sur les problématiques sanitaires soulevées par le recours au plomb dans le chantier de restauration de la cathédrale emblématique de la capitale. Les débats se sont en effet focalisés sur la reconstruction à l'identique de la flèche de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, rajoutée sur l'édifice au 19e siècle mais constituée de 250 tonnes de plomb, à additionner aux 210 tonnes de plomb déjà utilisées pour la toiture. La substance inquiète notamment l'Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) qui, par le biais du parlementaire, souligne les risques sanitaires qui seraient ainsi encourus.

 

Le plomb est très largement utilisé sur les monuments et toits de Paris

 

Dans sa réponse parue au Journal officiel du 15 décembre dernier, le ministère de la Culture commence par rappeler que l'incendie dont a été victime la cathédrale a détruit le plomb présent sur la toiture et la flèche, lequel a en partie fondu et coulé sur d'autres éléments intérieurs et extérieurs de l'édifice. Alors que les travaux de sécurisation et de consolidation, lancés dès le lendemain du drame, doivent en théorie s'achever au printemps 2021, le chantier de restauration définitive, lui, devrait débuter fin 2021, "lorsque les études préalables, puis les projets de restauration commandés par l'Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, auront été validés par les services de l'État chargés des monuments historiques, conformément au Code du patrimoine", précise l'exécutif.

 

Qui souligne en outre que lors de sa dernière réunion du 9 juillet 2020, la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture "a approuvé le parti de restauration proposé, consistant à rétablir l'architecture de Viollet-le-Duc, notamment en ce qui concerne la couverture et la flèche, dans le respect des matériaux d'origine, par l'utilisation du chêne pour la charpente et du plomb pour la couverture". Comme pour étayer cet accord de principe, le ministère rappelle que le plomb est très largement utilisé sur les monuments et toits de Paris, du dôme des Invalides à celui du Panthéon en passant par la flèche et la couverture de la Sainte-Chapelle. Le recours à ce matériau pourtant contesté s'expliquerait par ses qualités esthétiques et fonctionnelles, particulièrement sa plasticité, sa durée de vie supérieure à celles du zinc et du cuivre ainsi que sa résistance aux eaux pluviales. "C'est pour ces raisons que les architectes-en-chef des monuments historiques en charge du chantier de Notre-Dame de Paris ont proposé la reconduction, dans cette restauration, du matériau de couverture préexistant à l'incendie, seul à-même de permettre d'atteindre l'objectif de la reconstitution de la flèche de Viollet-le-Duc, dans ses dimensions structurelles, esthétiques et décoratives", poursuit la rue de Valois dans sa réponse.

 

Des contrôles effectués par des bureaux indépendants, les services de l'État, l'INRS et l'Anses

 

Pour autant, l'État assure que toutes les dispositions sanitaires seront prises et qu'il a à ce titre demander à l'Établissement public "d'étudier les mesures de précaution à prendre lors du chantier et à l'issue des travaux pour limiter la dispersion des poussières de plomb, mais également prévenir toute éclosion d'incendie". Des pistes de réflexion seraient ainsi en train d'être étudiées pour garantir la protection des ouvriers, des riverains et de l'environnement immédiat de la cathédrale ; les préconisations et les mesures nécessaires devraient être présentées durant le premier trimestre de l'année 2021. Les opérations de contrôle du chantier seront quant à elles effectuées par les bureaux indépendants "recrutés à cet effet" et par "les services de l'État chargés des monuments historiques en lien avec l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses)", conclut le ministère de la Culture.

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