INFRASTRUCTURES. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a reconnu officiellement ce 24 janvier 2020 la présence de déchets radioactifs datant de l'ère soviétique à proximité du tracé d'une nouvelle autoroute. Celle-ci doit s'inscrire dans le projet de grand périphérique reliant plusieurs banlieues moscovites.

Ce 24 janvier 2020, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a reconnu officiellement la présence de déchets radioactifs datant de l'ère soviétique à proximité du tracé d'une nouvelle autoroute. "Nous sommes confrontés à un problème hors du commun : des déchets radioactifs", a annoncé l'édile de la capitale russe dans un message publié sur son site Internet. Il s'agit de la première prise de parole publique sur le sujet : les autorités n'avaient jusqu'à présent pas admis officiellement le problème, mais assurent cette fois qu'elles vont "liquider cette décharge" et poursuivre le chantier. L'infrastructure en question est située au sud-est de Moscou et doit enjamber le fleuve Moskova à côté d'une ancienne usine métallurgique. Or cette friche industrielle a abrité, dans les années 1950 et 1960, des déchets radioactifs sur un terrain proche du cours d'eau. Mais l'autoroute fait partie d'un projet plus vaste de grand périphérique, censé relier plusieurs banlieues moscovites entre elles.

 

Crainte d'une pollution radioactive

 

Sergueï Sobianine a pourtant affirmé que la contamination radioactive était "insignifiante" sur le tracé prévu, et s'est engagé à réaliser des "relevés constants" tout au long de la construction. Sans rentrer dans les détails des niveaux de radiation, le maire, considéré comme proche du pouvoir, a également annoncé une "décontamination à grande échelle" de plusieurs zones du site, davantage touchés par la pollution. D'après Greenpeace, l'autoroute devrait quand même passer par cinq endroits où la radioactivité atteint plus de 1 microSievert par heure, soit environ trois fois le niveau observé habituellement dans la nature. Ce qui fait dire à l'ONG que des déchets radioactifs pourraient y être enfouis.

 

Interrogé par l'AFP, un physicien nucléaire, Andreï Ojarovski, a quant à lui relevé 61,40 microSievert par heure lors d'une inspection réalisée avec des officiels dans une partie de la zone considérée comme la plus touchée par l'érosion. Le spécialiste juge néanmoins que le site est actuellement stable, mais que des forages effectués pendant les travaux pourraient libérer des poussières radioactives, ou que de l'eau utilisée par le chantier pourrait être contaminée, avant de se propager. En décembre, des opposants au projet avaient empêché des convois de matériaux de construction de se rendre sur place, et ont depuis installé un camp pour bloquer le retour des ouvriers. "Les riverains ne laisseront pas passer des décisions aussi irréfléchies", affirme Andreï Ojarovski. "Si la mairie veut construire un pont, elle peut le faire ailleurs."

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