ANALYSE. Dans son dernier rapport, le Haut conseil pour le climat souligne que la baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur de la construction se confirme. Mais ses auteurs alertent dans le même temps sur le manque de visibilité autour de la pérennisation des financements dédiés à la rénovation énergétique, et sur le fait que les chantiers globaux restent encore trop peu nombreux.


"Dépasser les constats - mettre en oeuvre les solutions", tel est le titre du dernier rapport du Haut conseil pour le climat (HCC) publié en cette fin juin 2022, et qui résonne comme un appel à agir. L'autorité indépendante souligne que les conséquences du changement climatique s'observent en France comme partout dans le monde, "avec une intensification d'effets chroniques et aigus", et leur lot de répercussions "humaines, matérielles et financières importantes". Les spécialistes du HCC font ici référence aux îlots de chaleur urbains, aux sécheresses ou encore aux pluies extrêmes ; des "phénomènes météorologiques remarquables" qui impactent bâtiments et infrastructures.

 

 

Et pourtant, la situation s'améliore sur le front de la lutte contre la pollution. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France ont de nouveau augmenté de 6,4% entre 2020 et 2021 pour atteindre 418 millions de tonnes d'équivalent CO2 (dioxyde de carbone), mais ce niveau reste inférieur de 3,8% au niveau de 2019, et de 23,1% à la situation de 1990 ! Tous les grands secteurs d'activité identifiés comme les principaux pollueurs enregistrent une diminution de leurs émissions.

 

C'est, entre autres, le cas du bâtiment : les émissions y ont reculé de 1,9 million de tonnes équivalent CO2 par an entre 2015 et 2018, mais de seulement 200.000 tonnes équivalent CO2 entre 2019 et 2021. Et avec les objectifs encore plus ambitieux qui viennent d'être établis par le Conseil de l'Union européenne sous présidence française dans le cadre du paquet de mesures législatives "Ajustement à l'objectif 55", le bâtiment devra toutefois faire baisser ses émissions de 3 à 4 millions de tonnes équivalent CO2 entre 2022 et 2030 s'il veut être dans les clous.

 

Aller encore plus loin que la RE2020 ?

 

En attendant, le HCC juge plutôt positivement les mesures déjà mises en oeuvre dans le secteur de la construction. "Depuis 2015, on observe une baisse de la consommation finale de fioul et de gaz, et une croissance pour l'électricité et les énergies renouvelables thermiques, surtout liée au développement des pompes à chaleur", précisent les auteurs du rapport. Si l'entrée en vigueur de la Réglementation environnementale 2020 est également saluée pour sa capacité à structurer l'activité des acteurs de la filière, elle devra cependant "s'adapter à la révision de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments".
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