Le chef du Gouvernement italien, Enrico Letta, et le président français, François Hollande, ont confirmé le caractère prioritaire de la LGV Lyon-Turin, lors du 31e sommet franco-italien à Rome, mercredi 20 novembre.

Lors du 31e sommet franco-italien qui s'est déroulé à Rome, le 20 novembre, François Hollande et Enrico Letta ont rappelé leur volonté de faire "une priorité" du projet de ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin (Ndlr : Tav, treno ad altra velocità en italien). Le chef du Gouvernement italien a précisé que, pendant le sommet, il a surtout été question de la ligne Nice-Vintimille-Turin, des élus locaux ayant récemment réclamé des financements pour la rénover.

 

Premiers travaux de galeries à la fin 2014
"Les travaux pourront être engagés fin 2014, début 2015", a déclaré François Hollande lors d'une conférence de presse avec le président du Conseil italien, Enrico Letta.

 

Les deux gouvernements se réjouissent donc de la confirmation, réitérée le 17 octobre dernier par la Commission européenne, d'"allouer des contributions financières prévues par l'Union européenne (à hauteur de 50% pour les études, les enquêtes géognostiques et les travaux préparatoires et à hauteur de 40% pour les travaux définitifs) dès lors que les deux Pays auront indiqué officiellement le montant budgétaire prévu et destiné au niveau national à la réalisation de l'ouvrage", nous signale l'entourage du ministère délégué aux Affaires européennes.

 

Les deux pays rappellent également que ce soutien financier est indispensable à la réalisation de l'ouvrage et soulignent l'importance des objectifs atteints par les deux pays, notamment la ratification de l'accord de Rome du 30 janvier 2012, pour lequel l'autorisation d'approbation a été adoptée par le Parlement français et est en cours au Parlement italien ; l'accord obtenu sur la gouvernance et les statuts du futur promoteur public ; le lancement du percement de la galerie de reconnaissance de La Maddalena. "Les deux Gouvernements s'engagent à prendre dès à présent toutes les mesures nécessaires en vue d'obtenir le cofinancement communautaire, et notamment à présenter en 2014 une demande conjointe à la Commission pour obtenir un soutien européen au taux maximum sur la période 2014-2020", nous précise le ministère délégué aux Affaires européennes.

 

Dans l'attente du feu vert du Parlement italien
Et à Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes de signaler dans le discours mercredi 20 novembre à Rome : "Le Lyon-Turin est une occasion concrète pour rapprocher non seulement nos deux pays, mais également 350 millions de citoyens européens, le long d'un axe allant de la péninsule ibérique à la frontière ukrainienne. Sa partie transfrontalière sera éligible à un financement européen allant jusqu'à 40 % du coût des travaux."

 

Dans le même temps, à Rome, des heurts ont opposé quelques centaines d'adversaires du projet à la police, incidents qu'a "profondément" regrettés le Gouvernement italien, espérant qu'ils n'aient pas créé "de dommages irréparables".

 

"Après la ratification de l'accord par le Sénat dans la nuit de lundi à mardi, il ne manque plus que le feu vert du Parlement italien, attendu dans les prochaines semaines", nous précise une source proche du dossier.

 

La FNTP appelle à saisir les opportunités de cofinancement de l'Union européenne
Au moment où la France et l'Italie confirment leur volonté d'engager définitivement le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin grâce au soutien financier de l'Union européenne, la FNTP réaffirme dans un communiqué, jeudi 21 novembre, la nécessité de mobiliser, à l'échelle nationale, des contreparties financières suffisantes et lisibles pour bénéficier de ce nouvel instrument financier. Or, le report de l'écotaxe jusqu'à la remise à plat de la fiscalité compromet la capacité de l'Etat à boucler le financement des projets d'infrastructures d'intérêt européen. "Il s'agit pourtant de profiter pleinement des nouvelles opportunités de cofinancement offertes par l'Union européenne dont la contribution à la réalisation des sections transfrontalières pourra s'élever jusqu'à 40% du montant des travaux", souligne la FNTP.

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