Malgré les oppositions qu'il suscite du côté des écologistes, les députés français ont finalement approuvé, ce jeudi 31 octobre, l'accord sur la réalisation de la nouvelle LGV Lyon-Turin reliant la préfecture de Rhône-Alpes et la capitale piémontaise. En revanche, les travaux sont encore loin d'avoir commencé et la mise en service ne serait pas attendue avant 2030. Parallèlement, le Canal Seine Nord Europe pourrait être relancé. Réactions de Bruno Cavagné, président de la FNTP.

Un nouvel épisode dans le feuilleton de la future LGV Lyon Turin ? L'accord franco-italien, qui précise le projet de la nouvelle liaison ferroviaire reliant Lyon à Turin, a été soumis au vote à l'Assemblée nationale, ce jeudi 31 octobre. Malgré les critiques et les oppositions les plus vives que ce dossier "sensible" suscite depuis le dernier sommet franco-italien en décembre 2012 , les députés ont approuvé l'accord signé entre les deux pays, et dédié à la réalisation de cette nouvelle ligne ferroviaire. Les groupes UMP, socialistes et radicaux de gauche ont voté pour et l'UDI était divisée.

 

Seuls les écologistes ont voté contre cet accord : ils dénoncent un projet "pharaonique" et plaident pour la modernisation des lignes existantes du fait de la baisse tendancielle du trafic poids lourds entre la France et l'Italie.

 

Un coût total de 26 milliards d'euros par an
"C'est, une nouvelle étape pour ce projet contesté dont les travaux sont encore loin d'avoir commencé et dont la mise en service ne serait pas attendue avant 2030", nous signale, Bruno Cavagné, président de la FNTP. Mais nous attendons de voir les prochaines échéances. Ce texte voté cet après-midi (Ndlr : jeudi 31 octobre 2013), porte particulièrement sur le tracé définitif, ainsi que sur la répartition de la prise en charge entre les deux pays du coût des travaux pour la réalisation d'un tronçon de 57 kilomètres qui constitue la pièce maîtresse du projet entre les villes de Saint-Jean de Maurienne et Suse."

 

Or, seule la première phase du projet est, en effet, envisagée : face à un coût total de 26 milliards d'euros, que la Cour des comptes avait d'ailleurs pointé du doigt. A elle seule, soulignent les experts du projet, la réalisation du tunnel de base coûterait 8,5 milliards d'euros, dont 2,2 milliards à charge de la France. "C'est aussi un projet prioritaire du 'réseau transeuropéen de transport", qui serait financé par l'Union européenne à hauteur de 40% dans le cadre du budget 2014-2020, à 35% par l'Italie et à 25% par la France.

 

"C'est pourquoi la FNTP demeure très attentive à ce sujet, car finalement, dans ce dossier, on est passé de 12 à 26 milliards d'euros
,
indique Bruno Cavagné. Nous nous réjouirons quand cela sera terminé."

 

Des travaux préliminaires sous très haute protection en Italie
Ce vote en France est intervenu, au moment où les travaux préliminaires avancent sous très haute protection en Italie face à une opposition, apparemment moins nombreuse que dans le passé mais beaucoup plus radicale, nous signale une source proche du dossier.

 

Pour rappel : de nombreuses études ont été menées sur ce projet dont on discute depuis le début des années 1990 mais les travaux de la ligne n'ont jamais débuté. Et "l'entrée en vigueur de ce texte n'aura pas pour effet de permettre l'engagement des travaux car il faudra pour cela l'adoption et la ratification d'un nouveau traité", a reconnu, sur le site de l'Assemblée nationale, le rapporteur du texte, le député de l'Isère Michel Destot (PS). "Il est probable de ne pas envisager une mise en service de l'ensemble de la ligne et de ses accès avant 2030", a-t-il lui aussi concédé.

 

Le moment de vérité ? A Rome, 20 novembre prochain
Alors à quand le moment de vérité ? Un sommet franco-italien, prévu le 20 novembre prochain à Rome, pourrait éclaircir la situation. "Il reviendra à l'Elysée, comme sur d'autres sujets d'actualités (Ndlr : Eco-Taxe, pénibilité…), de se positionner à ce sujet", ajoute le président de la FNTP. En revanche, les opposants au projet, eux, ne relâchent pas leurs efforts. Il y a quelques jours, ils ont déposé un recours auprès du Premier ministre contre la Déclaration d'utilité publique de l'ouvrage… A suivre.

 


Le Canal Seine Nord Europe bientôt relancé ?
D'après le quotidien économique Les Echos, le projet de canal Seine Nord Europe devrait faire l'objet d'un rapport fin novembre ou début décembre. Un conseil des ministres européens des Transports à Tallin (Estonie), le 17 octobre dernier a confirmé que le "projet était éligible à un financement jusqu'à 40% de l'Union européenne, contre 6% envisagés au départ." Les aménagements complémentaires liés à ce projet, et ce jusqu'au Havre ou à la frontière belge, "pourraient eux aussi émarger aux fonds européens, jusqu'à 30%", pointe le journal. Evalué à 4,4 milliards d'euros, le projet avait laissé apparaître une dérive jusqu'à 7 milliards, ce qui a entraîné la suppression du partenariat public-privé. La nouvelle mouture devrait revenir à une approche plus pragmatique du projet.
"Même constat, pour le canal Seine Nord Europe, nous nous réjouirons quand cet immense projet sera terminé et nous espérons aussi que les contours du Havre ne soient pas occultés", conclut Bruno Cavagné, président de la FNTP.

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