Loi Travail, conjoncture économique et confiance globale du Gouvernement... Le baromètre TPE Fiducial IFOP, dévoilé ce mercredi, affiche un constat clair : "Cela ne va pas mieux du tout pour les TPE" dans le secteur du bâtiment qui ne connaissent aucun signe de reprise économique. Explications.

Une étude IFOP/Fiducial* révèle, ce mercredi 11 mai 2016, qu'àprès une fin d'année 2015 particulièrement critique pour les TPE, l'indicateur de situation financière remonte légèrement, de +3 points, mais reste solidement négatif à -18 (qui constitue le taux moyen de 2015). "Les chefs d'entreprise n'entrevoient pas d'éclaircie", affirme l'étude. Bien au contraire, 77 % des dirigeants du secteur du BTP déclarent être pessimistes, et à juger la situation financière de leur entreprise préoccupante (53 %). D'ailleurs, 93 % d'entre eux ont affirmé qu'ils n'ont pas l'intention d'embaucher entre le 1er avril et le 30 juin 2016.

 

Quant à la situation actuelle de leur trésorerie, 43 % estiment qu'elle est à l'équilibre alors que 32 % la jugent déficitaire. De plus, la demande de financement auprès des banques reste un sujet problématique : 80 % des dirigeants n'en ont pas effectué au cours des trois derniers mois.

 

Alors que le Gouvernement vient d'engager sa responsabilité devant les députés en utilisant l'article 49-3 pour entériner le projet de loi "Nouvelles libertés et nouvelles protections pour les entreprises et les actifs", une étude publiée ce mercredi par Fiducial nous révèle que 75 % des patrons de TPE du bâtiment déclarent mal le connaître.

 

Le projet de loi El Khomri pâtit en premier lieu d'un manque de visibilité sur son contenu, souligne le baromètre TPE Fiducial IFOP : 38 % des dirigeants de TPE du secteur du bâtiment déclarent également très mal le connaître. Seuls, 25 % d'entre le connaissent très bien.

 

A la question, pouvez-vous citer une mesure qui vous plaît ou déplaît dans le projet de loi, l'étude révèle que seules trois mesures émergent à plus de 2 % : l'autorisation du licenciement économique sur la base des difficultés uniquement en France (9 %), le plafonnement des indemnités prud'homales (10 %), la garantie jeune avec davantage d'accompagnement et une aide de 450 euros par mois (7%) et la facilitation des licenciements (2%). En revanche, le baromètre indique que 35 % des 150 personnes interrogées dans le secteur du bâtiment estiment que le projet ne contient aucune bonne mesure.

 

La surtaxation des CDD, la mesure la plus décriée

 

Par ailleurs, la surtaxation des CDD est la mesure la plus décriée (14%). Viennent ensuite l'autorisation du licenciement économique seulement en fonction des problèmes rencontrés en France (10 %) et le plafonnement des indemnités prudhommales (3%).

 

Cependant, le jugement sur la capacité de la future loi à réduire le chômage reste mitigé, souligne l'étude : 35 % des dirigeants des TPE du bâtiment estiment qu'elle va permettre de créer de l'emploi et 28 % qu'elle va inciter les petites entreprises, comme la leur, à embaucher. Dans le même temps, 40 % d'entre eux estiment qu'elle va accroître la précarité des salariés.

 

Enfin, sur la taxation des CDD, qui représentent 50 % des embauches au 1er trimestre 2016 dans les TPE, le recours aux CDD de plus d'un mois (41 % des contrats) est avant tout motivé par un surcroît temporaire d'activité (66 %) et, pour près de la moitié d'entre eux (46 %), par le souhait de s'assurer que le poste est économiquement viable.

 

De son côté, Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial, s'interroge l'analyse : "Alors pourquoi leur imposer des charges supplémentaires, quand de nombreux CDD se transforment en CDI après qu'elles aient pu apprécier la viabilité du poste et la compétence de leur salarié ? Elles ont besoin de passer par cette étape pour ne pas mettre en péril leur pérennité. Une TPE de 3 personnes (l'effectif moyen en France) qui embauche une personne supplémentaire augmente son effectif d'un tiers."

 

Des dirigeants sévères face à France Hollande

 

S'agissant des futures élections présidentielles en 2017, les résultats sonnent comme un aveu d'impuissance, ajoute le baromètre. Pour 93 % des petits patrons, François Hollande n'a pas tenu les engagements qu'il avait pris durant la campagne électorale. En conséquence, 89 % des dirigeants du BTP ne souhaitent pas sa candidature pour 2017.

 

En revanche, les avis les plus positifs, bien que minoritaires, sur l'action du Président concernent l'environnement (35 %) et les incitations à la création d'entreprise (19%). Ils sont aussi 21 % à porter un jugement positif sur le dossier des retraites, la fiscalité et les inégalités sociales et 9 % sur le pouvoir d'achat. L'emploi arrive en queue de peloton (6 %).

 

Méthodologie
Échantillon de 150 dirigeants du secteur du bâtiment interrogés du 11 au 26 avril 2016, sur 1.002 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs). L'échantillon est raisonné sur les critères suivants : le secteur d'activité de l'entreprise, la taille de l'entreprise, la région d'implantation de l'entreprise.

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