MOBILISATION. Un peu partout en France, les architectes se rassemblent ce 17 mai pour défendre le logement alors que la loi Elan est examinée à l'Assemblée Nationale. La profession entend sensibiliser le grand public et les parlementaires à la qualité architecturale en lançant un appel à la mobilisation.

"Faisons du logement la grande cause permanente". C'est le nom de la campagne de communication qui sera présentée ce 17 mai 2018 à l'initiative du Conseil National de l'Ordre des Architectes (CNOA), en partenariat avec de nombreuses associations et organisations professionnelles. Ce 17 mai marque surtout le lancement d'un appel à la mobilisation sans précédent des architectes un peu partout en France. Ainsi, l'UNSFA, la SFA, DpA, l'UNEAP et le Synamome appellent à un rassemblement devant le ministère de la Culture (Place du Palais Royal) ce jour-là à partir de 17 heures. Un autre rassemblement est aussi prévu à Montpellier à l'initiative de l'UNSFA, l'UNEAP, la Capeb et Cinov.

 

L'objectif de cette mobilisation est de sensibiliser le public mais aussi les parlementaires à cette question de la qualité du cadre de vie, alors que ces derniers commencent à examiner le projet de loi Elan. Pour faire comprendre les enjeux, des débats, conférences et rencontres sont organisés dans les différents territoires (découvrez le site de ces manifestations sur le site du CNOA). Des événements qui viennent s'ajouter à la pétition "Pour des logements de qualité au bénéfice de tous"lancée en février 2018 et qui a récolté à ce jour (ndlr : le 16 mai) plus de 4.800 signatures.

 

Préserver les acquis de la loi LCAP

 

Car l'objet de leur colère, c'est bien la loi Elan. Depuis les prémices du projet de loi Elan, les architectes sont vent debout, dénonçant certaines mesures qui "bafouent l'intérêt public de l'architecture". A commencer par l'article 28 qui autorise les bailleurs sociaux à déroger à la loi MOP et supprime l'obligation de concours pour ces deniers. "Une disposition acquise par la loi LCAP", rappelle l'Unsfa dans un communiqué. "Or, a-t-on trouvé mieux aujourd'hui et plus adapté au contexte participatif que la procédure de concours pour choisir le projet répondant le mieux à des attentes claires ?", questionne le syndicat des architectes. "Supprimer ce jalon démocratique sous prétexte d'économies, c'est confisquer le débat sur la maîtrise du cadre de vie et prendre le risque d'en payer le prix", écrivent dans un communiqué commun syndicats et associations d'architectes. A l'unisson, ils répètent que "le logement n'est pas un produit financier, c'est un enjeu citoyen, un projet de société". Seront-ils entendus ? On le saura lors de l'adoption du texte.

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