Le conseil d'administration du groupe suisse Sika spécialiste d'étanchéité, collage et d'insonorisation dont le français Saint-Gobain cherche à prendre le contrôle, réitère "son opposition à la transaction". Précisions.

Le groupe suisse Sika, spécialiste d'étanchéité, collage et d'insonorisation, a durci le ton ce jeudi 12 mars en insistant, dans un communiqué, que son conseil d'administration réitère son "opposition" à la transaction envisagée avec le groupe de matériaux Saint-Gobain.

 

"Les intérêts sociaux de Sika seront menacés durablement"

 

"L'opposition contre la prise de contrôle prévue par Saint-Gobain est basée sur l'analyse du conseil d'administration selon laquelle les intérêts sociaux de Sika seront menacés durablement", ajoutent les dirigeants du conseil d'administration.

 

La holding qui représente les intérêts de la famille Burkard, héritière du fondateur du groupe Sika, rappelle que la Commission des OPA suisse a publié une décision prise le 6 mars dernier, jugeant "valable" la clause d'exemption. Cette dernière dispense, en effet, la holding Schenker-Winkler (SWH), qui représente les droits des héritiers, de lancer une offre publique d'achat dans le cas où elle dépasse le seuil légal du tiers des droits de vote.

"Un abus de droit"

Toutefois, les dirigeants de Sika disent accepter "la décision de la Commission des OPA sur la validité de principe de la clause", mais ils jugent qu'elle ne peut s'appliquer dans le cas présent. Finalement, ils estiment que "la question essentielle reste de savoir si la vente envisagée de Sika à Saint-Gobain doit déclencher une offre publique d'achat".

 

Avant de dénoncer un "abus de droit" : "L'invocation de cette clause (...) aboutit au mépris des restrictions introduites dans les statuts pour protéger les actionnaires publics."

 

Les tractations, menées dans le plus grand secret à la fin de 2014, avaient pourtant amené le groupe Saint-Gobain à proposer 2,3 milliards euros aux cinq héritiers de Sika contre la cession du capital et surtout des droits de vote. Mais, si Pierre-André de Chalendar, président-directeur général du géant français des matériaux de construction, espère toujours boucler rapidement cette prise de contrôle, le conflit juridique et financier est loin d'être achevé.

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