AMÉNAGEMENT. Le Plan urbanisme construction et architecture (Puca) et l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Île-de-France (IAU) se sont penchés le 5 juillet sur les premiers enseignements à tirer des appels à projets innovants comme Réinventer Paris ou Inventons la Métropole du Grand Paris.

Les appels à projets innovants sont-ils morts avant même d'avoir donné naissance à de premières réalisations ? Pour ceux qui ont été en première ligne de ces concours, l'engouement des premières fois a laissé place à une relative lassitude, signe qu'il faudra désormais affiner ces appels à projets vers des thématiques ou des sites particuliers.

 

Au cours d'un colloque dédié aux "premières leçons des Réinventer", il était question de dégager les premiers ressentis à froid de ces concours d'un nouveau genre nés à Paris, et qui ont déteint sur la Métropole du Grand Paris, et d'autres villes comme Angers ou Toulouse.

 

Un an et demi après l'annonce des lauréats de la première édition d'Inventons la Métropole du Grand Paris, l'heure est à "relever la face claire et la face sombre de ce processus", soulève Hélène Peskine, secrétaire permanente du Puca. Pour le côté positif, Inventons la Métropole a suscité "des dispositifs qui valorisent la qualité architecturale" et des projets qui "s'ancrent dans un sens urbain et territorial". Mais Hélène Peskine fait également part de ses inquiétudes sur "la question du rôle du privé dans une forme de délégation de service d'intérêt public" et dans la préservation des missions de la maîtrise d'œuvre.

 

"Un fusil à un ou deux coups, pas plus"

 

Ayant entrepris une collecte des retours d'expérience des parties prenantes d'IMGP 1, Nicolas Rio (agence Partie Prenante) et Vincent Josso (Le Sens de la Ville) ont pu déceler six grandes familles d'usages, même si "la matrice commune est celle du marketing territorial", relève le second.

 

Dans les ressentis post-consultation, les différents acteurs de groupement voient dans l'appel à projets innovants une opportunité pour "contrer le tendanciel du marché", de "sortir un programme spécifique déjà identifié" mais dépourvu d'équation économique, "faciliter l'acceptabilité de la densification". L'impératif du volet innovation et d'un travail en groupement associant des acteurs non traditionnels (start-ups, associations, commerces), a aussi permis "d'identifier les exploitants et élargir l'offre de services", "d'accélérer la mobilisation du foncier public" et d'"initier une dynamique urbaine à grande échelle".

 

Ces remarques, associées à une première édition qui avait suscité beaucoup d'engouement, se confrontent déjà à un certain sentiment de lassitude ou d'épuisement des équipes. Après 51 groupements lauréats en 2017, le second opus d'IMGP a donné lieu à 23 projets. Ce concours, juge Damien Robert de Grand Paris Aménagement, est "un fusil à un ou deux coups, pas plus". Mettant en avant "une certaine fatigue des groupements", le directeur général délégué au développement estime "qu'il est important de garder ces équipes sur des thèmes très spécifiques comme les rives, les parcs, les dalles".

 

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