Le ministre de l'Economie et des Finances Laurent Fabius a annoncé mardi à l'Assemblée nationale l'ouverture du capital de Autoroutes du Sud de la France (ASF). Une première, qui donne le coup d'envoi à la privatisation des sociétés d'économie mixte concessionnaires d'autoroutes (Semca).

A l'occasion de la présentation du projet de budget pour 2002, le ministre de l'Economie et des Finances a annoncé l'ouverture du capital d'ASF (Autoroute du Sud de la France), la plus importante société d'économie mixte concessionnaire d'autoroutes (Semca) de France. Cette décision risque de faire grincer les dents de quelques-uns de ses collègues du gouvernement, notamment le ministre de l'Equipement et des Transports Jean-Claude Gayssot qui s'était prononcé contre la privatisation des Semca.

Pour Laurent Fabius, l'objectif est de financer des dotations en capital aux secteurs menacés par les attentats et le ralentissement, ainsi que le fonds de réserve des retraites.

Rappelons que ASF et sa filiale Escota exploitent quelque 2.500 kilomètres d'autoroutes au sud d'une ligne Nantes-Lyon. Plus de 400 kilomètres de tronçons nouveaux sont prévus, dont une partie est en cours de construction.

Alors que l'année 2000 a été marquée par la réforme du secteur autoroutier qui fait que ASF est désormais une entreprise comme les autres, soumise au jeu de la concurrence et fonctionnant suivant les règles comptables et fiscales des sociétés de droit privé, la Semsa a réalisé cette même année un chiffre d'affaires de 1 548 millions d'euros (10 152 millions de francs), en hausse de 3,9%. Notons que ce chiffre d'affaires est constitué à 98,6% par les recettes de péage et pour le solde par le produit des redevances des installations commerciales et les locations de fibres optiques.

Toujours en 2000, ASF a dégagé un résultat d'exploitation de 898 millions d'euros (5 888 millions de francs), en progression de 3,1 %. " Cette évolution traduit une bonne maîtrise des charges d'exploitation malgré une croissance notable du trafic, une hausse de 0,50 centime par km parcouru de la taxe d'aménagement du territoire au 1er janvier 2000 et la création d'une septième direction régionale d'exploitation à Brive " peut-on lire sur le site internet de l'entreprise.

La trésorerie d'ASF devrait rester déficitaire jusqu'en 2004 " en raison de l'effet cumulé de la croissance des charges financières consécutive à l'important programme de construction en cours jusqu'en 2003 et de l'impact fiscal de la réforme autoroutière ". ASF précise toutefois pouvoir " viser un objectif de résultat net moyen de 10% du chiffre d'affaires au cours des cinq prochaines années ".

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