Ce qui ne sera, a priori, pas le cas pour celle de Fessenheim (Haut-Rhin), entrée en service en 1977, frappée par la limite d'âge et dont la carrière a été émaillée d'incidents. Théoriquement prévue pour être fermée en 2017 ou 2018, l'arrêt de la centrale devrait finalement être anticipé. C'est en tout cas ce qu'avait annoncé, en 2012, le candidat François Hollande, dans son programme, et qu'il avait confirmé quelques mois plus tard, une fois arrivé à l'Elysée : les deux réacteurs seraient arrêtés avant la fin de 2016. Toutefois, en septembre 2015, le président de la République déclare finalement qu'en raison du retard pris dans le chantier de l'EPR - lui aussi marqué par de nombreux problèmes - et dont l'entrée en service ne pourra se faire avant 2018, la fermeture de Fessenheim n'interviendrait finalement pas en 2016. Ségolène Royal soutient même que la centrale alsacienne ne cesserait de fournir de l'énergie qu'une fois que le réacteur de nouvelle génération pourrait compenser cet arrêt. Soit en 2018. Information démentie quelques heures plus tard par l'Elysée qui avançait cette fois la mi-2017. Récemment, Emmanuelle Cosse, nouvelle ministre du Logement et ancienne chef de file d'Europe Ecologie-Les Verts (radiée de son parti pour son entrée au gouvernement) expliquait sur RTL et LCI que "le calendrier est celui que m'a répété, à plusieurs reprises, le président de la République, c'est 2016". Et de poursuivre : "Le président s'est engagé à fermer Fessenheim d'ici à la fin 2016. C'est ça, la date". Là encore, Ségolène Royal a réagi, sur l'antenne de TF1 : "Il y a deux choses dans le mot fermeture : il y a le retrait d'autorisation de fonctionner [qui] sera fait lorsque le conseil d'administration d'EDF au mois de juin en aura fait la demande. Lorsque EDF aura confirmé cette demande, le décret d'arrêt de fonctionnement sera pris". Elle ajoute : "Ensuite, est-ce que concrètement l'usine va fermer ? Moi, je voudrais quand même dire aux Français (…) que fermer un réacteur ou une centrale nucléaire, ce n'est pas tourner un robinet". Le débat devrait donc se poursuivre, y compris avec les pays voisins, puisque la Suisse et le Luxembourg demandent d'autres arrêts de centrales françaises, situées trop près de leurs frontières : celles du Bugey et de Cattenom.

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