Le «Centre européen du résistant déporté» a été inauguré ce jeudi en Alsace par Jacques Chirac, sur le site du seul camp de concentration français du Struthof. Conçu par l’architecte français Pierre-Louis Faloci, ce centre est présenté comme un nouveau lieu européen de «mémoire et de vigilance ». De l’ombre à la lumière…

Installé à quelques dizaines de mètres de l’ancien camp construit en 1941 sur la commune de Natzwiller (Bas-Rhin), le «centre européen du résistant déporté» représente une surface de 2.000m2. Le bâtiment est adossé au Kartoffelkeller («cave à pomme de terre», ndlr), un édifice souterrain en béton de 70 m de long construit par les déportés à la demande du «Gauleiter» (responsable, ndlr) du camp entre 1943 et 1945. Une réalisation qui a été mise au jour lors des travaux de construction du centre en 2003.

Côté architectural, le centre a été pensé de manière très sobre à l’intérieur comme à l’extérieur, selon le souhait de son architecte Pierre-Louis Faloci. Recouvert de dalles noires, le bâtiment laisse ainsi apparaître des lignes horizontales et verticales sur des tons gris sombres. «Créé à la demande de témoins vivants, il a été conçu pour être un bâtiment simple et carré devant transmettre l’information et l’émotion et non comme un bâtiment ostentatoire», selon Valérie Drechsler, directrice du centre.
Pour cela, un grand rôle a été attribué à la lumière. «Nous avons voulu faire de la lumière un élément omniprésent car le visiteur est sur un site de l’ombre et de la lumière, celui des Nachtnebel (nom du décret ‘Nuit et Brouillard’ de 1941, ndlr) qui instaurait un statut spécial notamment pour les résistants», poursuit Valérie Drechsler.
Ainsi, après une présentation de 14 camps de concentration et d’extermination à travers une borne interactive en rez-de-chaussée, le visiteur passe au-sous-sol pour une scénographie où la lumière est quasiment absente. Il accède ensuite à la «cave à pommes de terre» où sont exposés 400 documents sur le IIIème Reich. Ce n’est qu’à la sortie que le visiteur retrouve enfin la lumière du jour pour faire face à l’entrée du camp.
Financés à 80% par le ministère de la Défense et à 20 % par des subventions européennes, les travaux du centre ont été dirigés en collaboration avec le ministère délégué aux Anciens combattants.
Parallèlement, les travaux se poursuivent au musée du camp de Struthof, lieu où 22.000 hommes et femmes, principalement des résistants et des déportés politiques, sont morts en déportation.

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