CONJONCTURE. Selon une étude publiée ce mercredi 18 décembre par la "proptech" Proprioo, les prix de l'immobilier à Paris pourraient amorcer une baisse en 2020, à la faveur de conditions d'emprunt moins favorables. Les notaires du Grand Paris prédisent de leur côté une poursuite de la hausse des prix début 2020.

Les jeunes générations aiment souvent aller à contre-courant de la pensée commune. La preuve avec la "proptech" Proprioo, qui a publié ce mercredi 18 décembre une étude sur le marché immobilier parisien intitulée "Vers un rééquilibrage en 2020 après une année record ?" "Le marché de l'immobilier parisien pourrait, d'ici à quelques mois, connaître une stagnation, voire une baisse, avec pour effet un premier rééquilibrage naturel des prix", avance dans un communiqué cette start-up qui emploie une quarantaine d'agents immobiliers. Une prévision bien différente de celle des notaires du Grand Paris, qui tablent sur une hausse de 7% des prix dans la capitale en janvier 2020, sur un an glissant, après une année 2019 qui les a vus franchir à la hausse pour la première fois le seuil symbolique des 10.000 euros le mètre carré.

 

"Notre but n'est pas d'aller à contre-courant des autres professionnels", explique à Batiactu Henri Pagnon, co-fondateur en 2016 de Proprioo. La jeune pousse ne prétend pas non plus dresser une étude exhaustive du marché parisien, bien qu'elle ait traité un millier de ventes ces 18 derniers mois, et rencontré près de sept personnes en moyenne pour chacune de ces transactions. Proprioo souhaite simplement partager les tendances ressenties par ses agents depuis le mois de septembre. "Depuis deux ou trois mois, de plus en plus d'acheteurs se trouvent au maximum de leur capacité d'emprunt", et mettent donc la pédale douce sur leurs projets d'acquisition, observe Henri Pagnon.

 

Les prix ont stagné dans les 5ème, 8ème et 16 arrondissements au dernier trimestre 2019

 

De fait, le potentiel de baisse des taux d'intérêt, tombés en novembre à un plus bas historique de 1,12%, est désormais faible, après une baisse continue depuis dix ans, époque à laquelle ils tutoyaient les 5%. "Pas mal de partenaires bancaires et de courtiers nous disent que les taux ne bougeront plus", indique le patron de Proprioo. Or le recul des taux ces dix dernières années a fait gagner pas moins de "deux tiers de capacité d'achat supplémentaire aux Français", souligne-t-il. Si les conditions d'emprunt sont appelées à se durcir, ce n'est pas seulement en raison des perspectives d'évolution des taux, mais également parce que le Haut conseil de stabilité financière a exhorté le 12 décembre les banques à ne plus consentir d'emprunts d'une durée supérieure à 25 ans et représentant un taux d'effort de plus de 33%.

 

Son ressenti de terrain, Proprioo a voulu le corroborer par des données. La proptech a fait appel à PriceHubble, une société spécialisée dans le "big data" et l'intelligence artificielle. Les analyses effectuées par cette dernière ont mis en évidence une amorce de stagnation des prix dans les 5ème, 8ème et 16ème arrondissements de Paris, au quatrième trimestre 2019 par rapport au troisième trimestre. Sur cette même période, les prix ont même reculé dans les 6ème (-0,10%), 7ème (-1,46%), 10ème (-0,76%), 12ème (-1,63%) et 20ème (-1,06%) arrondissements. Des tendances appelées à perdurer dans les prochains mois, estime Henri Pagnon. Mais sept arrondissements ne font pas Paris.

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