PROJET HORS-NORMES. La région chinoise de Hong-Kong a annoncé son intention de construire deux îles artificielles pour répondre à sa pénurie de logements. Le premier territoire s'étendra sur 1.000 hectares et coûtera 70 milliards d'euros, tandis que la seconde île affichera une superficie de 700 hectares.

Quand il s'agit de projets d'infrastructures, les Chinois n'ont décidément pas froid aux yeux. Ce 20 mars 2019, les autorités de Hong Kong, région autonome de l'Empire du Milieu, ont annoncé leur intention de construire deux îles artificielles. La raison ? Selon l'AFP, l'ancienne colonie britannique souffre d'un cruel manque de logements : ce territoire de 1.100 km² accueille tout de même une population de 7 millions d'habitants, ce qui fait décoller le prix du mètre carré vers des sommets vertigineux. D'après plusieurs études spécialisées, le prix moyen des logements hong-kongais représente 17 fois le revenu moyen des ménages. Dans les quartiers les plus prisés, le mètre carré peut atteindre (voire dépasser) les 50.000 € ! C'est donc pour remédier à cette épineuse problématique que la région autonome a acté l'édification d'une île artificielle d'une superficie de 1.000 hectares, pour un montant de 70 milliards d'euros. A titre de comparaison, l'aéroport international de la ville aura coûté 4 fois moins cher à la collectivité. Même la célèbre île artificielle de Palm Jumeirah, au large de Dubaï, n'aura coûté "que" 10 milliards d'euros. En termes de superficie, la future île chinoise représentera 3 fois le site new-yorkais de Central Park (341 hectares).

 

260.000 logements au programme, dont 70% à caractère social

 

Lantau, la plus grande île de l'archipel hong-kongais, va donc s'étendre sur la mer. Les autorités espèrent lancer les travaux de remblaiement en 2025, de manière à y accueillir les nouveaux habitants en 2032. Un maximum de 260.000 logements devrait y être bâtis, dont plus de 70% de logements sociaux. Comme souvent dans ce genre de dossiers, les opposants n'ont pas tardé à faire entendre leur voix, dénonçant le coût financier mais aussi environnemental du projet de Lantau. Des parlementaires opposés au gouvernement hong-kongais lui reprochent de ne pas avoir consulté la population, de renforcer la tutelle de Pékin sur ce territoire autonome, ou encore d'avoir sous-estimé la facture finale, qui pourrait dépasser, selon eux, les 100 milliards d'euros d'ici 2025. Mais cela ne semble pas déstabiliser les autorités de l'archipel, qui prévoient déjà de créer une seconde île artificielle, également près de Lantau, d'une superficie de 700 hectares. Aucun autre détail n'a toutefois été communiqué sur cet autre projet.

 

Pour rappel, c'est de l'île de Lantau que part le plus long pont maritime du monde, qui passe par Macao et rejoint la Chine continentale, et dont Batiactu avait déjà parlé ici.

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