A Grenoble, la mandature à venir s'inscrira dans la continuité. Le maire écologiste sortant Eric Piolle a été réélu au second tour des élections municipales, obtenant pour sa liste divers gauche la majorité absolue (53%), avec 30 points d'avance sur son principal adversaire, Alain Carignon (divers droite).

 

Mobilité : la petite reine sur le devant de la scène


La municipalité veut poursuivre la construction d'itinéraires cyclables. Le réseau Chronovélo comprend déjà 4 pistes livrées ou en chantier. D'ici à 2026, leur nombre devrait doubler, pour constituer un réseau de 100 km de pistes pour relier la ville centre au reste de la métropole. Dans Grenoble même, un autre réseau pourrait voir le jour, pour relier cette fois les quartiers entre eux, s'appuyant sur les aménagements existants ou sur la création de chaînons manquants. Cela s'accompagnera aussi de la création de parkings et stationnements dédiés au vélo supplémentaires.

 

Concernant les transports en commun, la ville de Grenoble compte profiter de la possibilité inscrite dans la loi mobilité afin de pousser la création d'un service de RER métropolitain. Un déploiement qui se ferait en partenariat avec la région, le syndicat mixte, la métropole et le Grésivaudan. Mise en service espérée en deux temps, l'un en 2025, l'autre en 2030. Prolongation de deux lignes de tramway, et création de trois nouvelles lignes pour passer à un réseau de 8 lignes sont également espérées. Deux "trambus", une ligne de transports par câble et de nouveaux bus à haut niveau de service devraient venir compléter le maillage des transports en commun.

 

Voies réservées au covoiturage et aux transports en commun sur les grands axes sont aussi au programme.

 

Aménagement urbain : la recherche de la fraîcheur

 

Pour la création des pistes cyclables notamment, l'équipe d'Eric Piolle souhaite expérimenter un revêtement de couleur, afin de lutter contre les îlots de chaleur. Elle promet également de "débitumiser" des rues dans chaque quartier.

 

Pour "reconquérir les berges", l'équipe d'Eric Piolle promet notamment de transformer les quais de la rive gauche de l'Isère en "lieu de flânerie et de fraîcheur", en réduisant la place de la voiture. Tout le plan de circulation des quais doit être réorganisé, "afin de permettre des piétonnisations événementielles du quai Saint-Laurent plus nombreuses qu'aujourd'hui et permettre à chacun-e de profiter de la fraîcheur de l'Isère les weekends ou pendant les vacances scolaires".

 

La végétalisation devrait aussi se faire une belle place dans les six prochaines années. L'équipe d'Eric Piolle promet ainsi de planter 15.000 arbres dans l'espace public d'ici à 2030, de créer des "oasis de fraîcheur" dans les cours d'écoles, d'investir dans un grand plan "Parcs et squares" en prévoyant la rénovation, la création, voire l'extension de plusieurs espaces verts…

 

A noter aussi que l'équipe d'Eric Piolle promet d'attribuer une enveloppe d'un million d'euros par an en budget participatif. Et que chaque projet urbain comprendra une part de budget participatif.

 

Rénovation énergétique : coup d'accélérateur


Le programme d'Eric Piolle entend prioriser les rénovations de logement dans les quartiers politique de la ville, tripler le rythme des rénovations dans le cadre du programme Murmur 2, et créer une "maison de l'habitat" afin d'accompagner les projets de rénovations énergétiques des particuliers et des entreprises.

 

Logement social : rattraper le retard

 

En retard en matière de logement social (23,5% actuellement), l'équipe d'Eric Piolle compte accélérer le mouvement. Elle vise les 25% à horizon 2025, et 30% d'ici à 2030. Par ailleurs, elle promet de produire 100 logements sociaux à loyers très minorés par an, contre 20 aujourd'hui, pour les plus précaires.

 

Alors que les bailleurs sociaux se réorganisent, la municipalité veut organiser dès cette année une "convention citoyenne", réunissant locataires, fédérations, et associations, afin de réfléchir au modèle à mettre en place.

 

Transition énergétique : un travail spécifique sur l'eau

 

La majorité municipale veut continuer à débattre des prix de l'eau chaque année, afin de poursuivre une politique de prix plus bas que la moyenne nationale. Sanctuarisation des zones de captage, plan de nettoyage et de préservation des berges, lutte contre le gaspillage sont aussi au programme.

 

La ville compte poser le principe de zéro artificialisation nette des sols, avec pour objectif affiché de préserver le cycle de l'eau et de limiter l'érosion des sols. La "débitumisation" des rues, la création des parcs participeront aussi à cet objectif. Tout comme il sera imposé aux promoteurs d'assurer des espaces de pleine terre "généreux" dans toutes leurs opérations immobilières.

actioncl