INFRASTRUCTURES. Le très probable nouveau président de la Société du Grand Paris, Jean-François Monteils, a reconnu que le chantier tentaculaire du Grand Paris Express subirait encore "de nombreuses vicissitudes" mais qu'il serait conduit à terme. Le candidat désigné par l'exécutif ne s'est toutefois pas prononcé sur des prévisions d'ouverture de lignes.

"Ce projet connaîtra évidemment encore de nombreuses vicissitudes. C'est le lot de tout grand projet public des temps modernes. (…) Mais ce projet ira au bout." C'est sur ce ton résolu que le "candidat pressenti pour exercer les fonctions de président du directoire de l'Établissement public de la Société du Grand Paris (SGP)", Jean-François Monteils, a résumé ce 9 mars 2021 la feuille de route du tentaculaire chantier du Grand Paris Express (GPE). Auditionné par la commission du développement durable du Sénat, le candidat désigné par l'exécutif pour remplacer Thierry Dallard, qui n'était visiblement plus en odeur de sainteté du côté de Matignon, a cependant indiqué qu'il n'avait "pas de prévisions" quant à la possibilité d'ouvrir certains tronçons de métropolitain en Seine-Saint-Denis en temps et en heure pour les Jeux Olympiques de 2024.

 

Devant les parlementaires du Palais du Luxembourg, Jean-François Monteils a reconnu que le chantier du super-métro francilien était "déjà tendu" avant le début de la crise sanitaire, et que la pandémie de Covid l'avait encore retardé de trois à neuf mois. Des "solutions dégradées" seraient toutefois à l'étude, mais "elles nécessiteront des arbitrages", a-t-il ajouté. Des organisations d'usagers et de défense de l'environnement sont en outre vent debout contre les lignes 17 (vers Roissy) et 18 (vers Saclay), dont la facture est jugée trop salée par rapport au trafic attendu. Sur le plan financier, Jean-François Monteils a d'ailleurs précisé qu'il n'y avait "pas d'évolution réellement significative" du coût du projet, toujours évalué à 35 milliards d'euros pour environ 200 kilomètres de nouvelles infrastructures ferroviaires.

 

Pas de rupture avec la gestion du président sortant

 

Président de la Chambre régionale de la Cour des comptes de Nouvelle-Aquitaine, président du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et proche du Premier ministre Jean Castex, Jean-François Monteils a également été conseiller de François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy, entre 2007 et 2010, période durant laquelle a justement été conçu le projet du GPE. Âgé de 55 ans, il devrait donc maintenant prendre le relais de Thierry Dallard à la tête de la SGP, se contentant à ce sujet de promettre qu'il n'y aurait pas de rupture avec la gestion du président sortant, ce dernier n'étant en fonction que depuis mai 2018.

 

Sa nomination a déjà été approuvée ce 9 mars par le conseil de surveillance de la SGP, composé de hauts fonctionnaires et d'élus. Si le feu vert des parlementaires n'est pas requis pour valider le processus, il sera tout de même aussi entendu par la commission du développement durable de l'Assemblée nationale ce 10 mars. Lors de son passage au Sénat, certains responsables politiques ont d'ailleurs fait part de leur agacement quant à la situation à la tête de la SGP : "Depuis la création de l'Établissement en 2010, quatre et bientôt cinq présidents du directoire se sont succédés. (…) Cette instabilité nous interroge, voire nous inquiète", a notamment déclaré le président de la commission de l'aménagement du territoire, le sénateur centriste du Doubs Jean-François Longeot. Ce à quoi Jean-François Monteils a rétorqué : "Je n'ai pas été candidat, je n'ai pas pu refuser".

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