PAROLES D'ÉLUS. Deuxième volet de notre série d'interviews d'élus de grandes villes et métropoles qui ont renversé les équipes en place en 2020. Deux ans après, les promesses sont-elles en voie de réalisation ? A Lyon, la Métropole s'est attelée dès le début du mandat à faire évoluer les grands projets en cours, et fait de l'habitat abordable un marqueur de son action, même si les objectifs semblent difficiles à atteindre.


La troisième ville - et troisième métropole - du pays est passée dans le giron écologiste à l'occasion des élections municipale et métropolitaine de 2020. Elle était auparavant dirigée, depuis deux décennies, par Gérard Collomb, ancien socialiste devenu ministre d'Emmanuel Macron. Le maire, qui dirigeait aussi le Grand Lyon, communauté urbaine devenue Métropole à statut particulier, puisqu'elle est une collectivité de plein exercice, en 2015, a lancé plusieurs grands projets, à commencer par celui de la Confluence, sur la pointe sud de la Presqu'île, un projet toujours en cours de réalisation. Celui qui souhaitait renforcer l'attractivité du deuxième quartier d'affaire français, celui de la Part-dieu, avait également lancé la construction de plusieurs tours.

 

C'est avec un projet différent que le binôme constitué de Grégory Doucet, pour la Ville, et Bruno Bernard, pour la Métropole, a fait campagne, et remporté la victoire : forte accélération de la production de logement social et abordable, multiplication des espaces verts, plantation de forêts urbaines, qualité de vie plutôt qu'attractivité à tout prix…

 

Sur ces sujets, qui sont des compétences de la Métropole, Batiactu a demandé à Béatrice Vessiller, vice-présidente en charge de l'urbanisme, et Renaud Payre, vice-président chargé de l'habitat, de tirer un premier bilan des politiques menées, d'expliquer les difficultés rencontrées et les pistes pour les surmonter.

 

Le "tour de France" des villes qui ont basculé en 2020

 

Batiactu propose une série d'interviews de dirigeants des grandes villes et métropoles qui ont changé de majorité en 2020, dans le cadre notamment de la "vague verte", qui a emporté les équipes sortantes à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Poitiers, mais aussi à Marseille où l'Union de la gauche et des écologistes a renversé la majorité de Jean-Claude Gaudin.

 

Quelles étaient leurs promesses, au regard de l'habitat, des grands projets, de l'espace public, des mobilités ? Deux ans plus tard, quelles sont les réalisations ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Les dynamiques ont-elles dû être revues à la baisse, à la faveur de la crise, ou au contraire accélérées pour construire le "monde d'après ?". Des nouvelles équipes qui ont fait l'objet de critiques sur le blocage des permis de construire, alors que les chiffres de la construction sont effectivement plus mauvais dans les grandes villes et en zone tendue. Batiactu a demandé aux maires, aux adjoints, ou aux exécutifs métropolitains, d'éclairer leur action dans ces villes qui ont basculé.

 

Lire l'épisode 1 : "A Bordeaux, le nombre de permis de construire accordés a augmenté" (Pierre Hurmic)

 

Lire l'épisode 3 : Strasbourg "a baissé sa production de logement et l'a réorienté vers l'abordable"

 

Lire l'épisode 4 : A Poitiers, les grands projets artificialisants ont été "fortement réorientés"

 

Lire l'épisode 5 : A Tours, "nous avons choisi de ne pas geler les projets de logements"

En 2020, au moment du changement de majorité, certains acteurs du bâtiment ont dit qu'il devenait très difficile d'obtenir des autorisations d'urbanisme dans certaines villes, notamment Lyon. Depuis, on entend encore que certaines collectivités ont freiné les projets. Est-ce le cas dans le Grand Lyon ?

Renaud Payre : Nous voulons construire, c'est dans notre programme. Les 18 premiers mois du mandat, je les ai passés à débloquer les dossiers auprès des maires. La solution que nous avons trouvée, c'est une enveloppe de 10 millions d'euros par an d'investissements supplémentaires, pour participer à la création d'équipements. J'ai par ailleurs mis en place une réunion tous les trois mois avec la Fédération des promoteurs immobiliers locale pour étudier les projets bloqués, empêchés. Parfois il faut rencontrer les maires concernés pour débloquer les dossiers. J'ai dû me confronter à la question de la densité dès mon arrivée à cette fonction.
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