BOIS. En réalisant un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros et en employant 440.000 personnes, la filière forêt-bois a déjà un poids économique important, qui peut encore s'amplifier avec les enjeux de développement durable de l'après-coronavirus. Mais le secteur doit aussi faire face à des difficultés de taille, prévient la Cour des comptes, qui formule au passage des recommandations visant notamment la construction.


Alors qu'elle essayait déjà de mobiliser avant la crise du coronavirus, la filière forêt-bois peut espérer que l'impact de la pandémie (et des prises de conscience qui l'ont accompagné) ainsi que les plans de relance lui permettent de mieux se positionner sur le marché. Le secteur a un poids économique important, avec une activité qui représente un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros et qui emploie quelque 440.000 personnes. Mais il se retrouve face à des enjeux, économiques, sociaux et environnementaux incontournables, sans parler des difficultés structurelles auxquelles il doit faire face. Dans un rapport, la Cour des comptes s'est justement penchée sur ces problématiques, en notant que la filière est en crise "depuis au moins deux décennies", une crise "entretenue par un sous-investissement chronique et une compétitivité insuffisante" et qui "révèle un manque d'intégration entre l'amont et l'aval, entre l'offre et la demande de bois".

 

Concrètement, la rue Cambon explique que les massifs forestiers de l'Hexagone ne sont exploités qu'à 50% de leur accroissement annuel, ce qui a permis au volume de forêts de bondir de 45% en l'espace de 30 ans. Un tiers des massifs s'avère difficile à exploiter à cause du relief, et leur gestion n'est pas toujours optimisée quand on sait qu'un tiers seulement de la forêt privée (qui représente à elle seule 74% du total des massifs) applique des politiques de gestion durable. De plus, les commercialisations de bois n'assurent pas aux industriels la sécurité de leurs approvisionnements, et les métiers du secteur ne sont pas suffisamment attractifs. Plus inquiétant, la forêt française, bien qu'en croissance, souffre d'un manque de renouvellement, "que ce soit par régénération naturelle ou par plantation", et est ainsi "en net recul depuis vingt ans", ce qui fait craindre des problèmes de disponibilité du bois-d'oeuvre à moyen terme.

 

Exportations massives de bois brut et importations croissantes de produits transformés

 

Le déséquilibre entre l'amont et l'aval de la filière forêt-bois engendre de fait
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