CONDITIONS DE TRAVAIL. Les "États généraux du stationnement" organisés par la municipalité de Paris ont rendu leurs conclusions, sur lesquelles se basera un plan d'actions présenté d'ici l'été 2021. Les travaux ont fait ressortir que les emplacements dédiés aux professionnels devaient être "gardés et sanctuarisés".

Organisés par la mairie de Paris, les "États généraux du stationnement" - en réalité un panel de citoyens amenés à plancher sur les places de parking et la cohabitation des différents usagers de la rue et de la route dans la capitale - ont rendu leurs conclusions ce 3 février 2021. David Belliard, l'adjoint écologiste chargé de la transformation de l'espace public, a ainsi présenté ces recommandations concernant plus de 800.000 emplacements de stationnement répartis dans tout Paris - 65% dans les immeubles, 18% dans les parkings publics et 17% seulement dans les rues.

 

Renforcer la signalétique et les contrôles, adapter le système des cartes et macarons professionnels

 

Dans les grandes lignes, la consultation citoyenne a ainsi préconisé de "supprimer des places en surface" en privilégiant en parallèle le recours aux parkings souterrains, ce qui implique de "réduire la différence de tarif entre la voirie et le sous-sol" mais aussi de développer les fameux parkings-relais gratuits aux portes de la capitale. Dans quelle mesure alors les professionnels utilisant au quotidien les emplacements de stationnement dans les rues parisiennes, comme les artisans du bâtiment, risquent-ils d'être impactés ? D'après la mairie, les Parisiens se sont malgré tout exprimés en faveur de ce stationnement professionnel, qui doit être selon eux "gardé et sanctuarisé", estimant que les interventions des artisans et entreprises devaient être facilitées. Mais ils ont aussi invité les innovations de logistique urbaine à passer à la vitesse supérieure, tout en faisant évoluer la taille et la localisation des aires de livraison : le but serait de créer des "espaces temporaires réversibles et des bases logistiques mobiles".

 

Les citoyens ont également avancé l'idée d'une mutualisation des places dédiées aux professionnels, "via des hubs logistiques, des zones de stockage et des sas de dépôts partagés". Si ces termes plutôt flous ne signifient peut-être pas grand-chose, une autre proposition a le mérite de la clarté : établir une signalétique, réaliser des contrôles et inciter au report des livraisons sur des créneaux nocturnes. "Le stationnement des professionnels doit bénéficier d'une partie des espaces libérés en surface pour se voir proposer des espaces réservés dédiés, à proximité des zones commerciales ou des lieux d'intervention réguliers", avance aussi la consultation. Qui appelle en outre à adapter et rendre plus efficace "le cadre régissant l'attribution des droits de stationnement", par le biais des cartes et macarons professionnels.

 

La municipalité, qui se donne jusqu'à juin pour étudier "la faisabilité technique de certaines de ces propositions", assure malgré tout faire de la "débitumisation" (sic) de la capitale sa priorité, pour laisser plus de place à la végétation et aux moyens de transport "doux" comme le vélo, et afin "d'élargir les trottoirs".

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