RÉNOVATION. Le groupe Aéroports de Paris, gestionnaire de l'aéroport d'Orly, a lancé fin juillet 2019 les travaux de modernisation de la piste 3 de la plateforme, vieille de 70 ans. Prévu jusqu'en décembre, le chantier représente un investissement de 120 millions d'euros et 200.000 tonnes de déblais issues de dalles en béton.

Depuis le 28 juillet 2019, le groupe Aéroports de Paris (ADP) s'embarque pour des travaux conséquents : jusqu'au 2 décembre prochain, le gestionnaire de l'aéroport d'Orly supervise le chantier de reconstruction de la piste 3 de la plateforme, vieille de plus de 70 ans. "C'est un chantier historique, exceptionnel. On ne reconstruit pas une piste tous les jours", a expliqué le directeur de Paris-Orly, Régis Lacote, cité par l'AFP. En effet, la chaussée sur laquelle circulent les avions a été bâtie en 1947, avant d'être allongée en 1959 pour finalement atteindre une longueur totale de 3,3 kilomètres, une largeur de 45 mètres et une épaisseur d'1,30 mètre. Plusieurs opérations conséquentes de maintenance ont été réalisées jusqu'à aujourd'hui, mais la réfection pure et dure de l'infrastructure a fini par s'imposer : "(...) on est arrivé à une phase où il faut qu'on reconstruise une partie de la chaussée", précise Régis Lacote, pointant du doigt des désordres structurels. Dans le détail des travaux qui seront réalisés par l'entreprise Colas, les deux tiers de la piste Ouest vont être déconstruits puis reconstruits intégralement, tandis que le tiers Est bénéficiera d'une recharge en enrobé. Un chantier qui représente pas moins de 400.000 m3 de terrassements. Un millier de collaborateurs devrait s'affairer 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur la piste 3 d'Orly afin de respecter le calendrier des travaux.

 

 

Les matériaux seront réutilisés pour deux tiers dans la structure de la nouvelle piste

 

Selon le groupe ADP, l'objectif de ce chantier colossal est non seulement de moderniser la piste mais également "d'améliorer la sécurité des atterrissages et décollages des avions, notamment grâce à l'installation d'un nouveau système d'éclairage LED plus moderne et plus économique". Dans l'optique d'optimiser l'approvisionnement du chantier en matériaux et de réduire son impact environnemental en limitant la circulation des camions, les équipes ont prévu de concasser sur place les 200.000 tonnes de déblais issus de la démolition de 185.000 m² de dalles en béton. Revalorisés, ces matériaux seront réutilisés pour deux tiers dans la structure de la nouvelle piste, le tiers restant étant destiné à des chantiers du sud de la région parisienne. Pour l'heure, les travaux ont déjà offert quelques surprises, comme la découverte de ferraillages particulièrement robustes, vestiges d'anciens hangars pour dirigeables des années 1920. De même, plusieurs obus de l'armée allemande, datant de la Seconde guerre mondiale cette fois, ont été retrouvés dans les accotements de la piste.

 

 

Et le trafic aérien dans tout ça ? "Pendant la durée du chantier de reconstruction de la piste 3, les deux autres pistes de Paris-Orly permettront d'absorber le trafic aérien. Ces travaux ont été organisés en concertation avec les riverains, la DGAC [Direction générale de l'aviation civile, ndlr] et les compagnies aériennes", assure le groupe ADP. Ces dernières ont dû ajuster leurs programmes, car la piste 2 est également fermée jusqu'au début du mois de septembre, limitant de fait les opérations à une seule piste de la plateforme durant la première phase des travaux. Au total, 4.600 vols ont été annulés et 3.000 reprogrammés, sur un total de vols prévus estimé entre 55.000 à 60.000. Un nombre limité de trajets a également été reporté vers Roissy-Charles-de-Gaulle. Par ailleurs, les riverains du nord-est du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne seront confrontés à des survols inhabituels pendant toute la durée du chantier. A compter du 2 septembre prochain, les communes de la vallée de l'Orge, située au sud de l'aéroport d'Orly, devraient elles aussi être exposées à un trafic aérien plus important.

 

 

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