CONJONCTURE. Dans une étude consacrée au "tissu productif" français de l'année 2017, l'Insee dévoile notamment des statistiques sur les entreprises du secteur de la construction. L'analyse se penche aussi sur la place des facteurs travail et capital dans le BTP.

Quelle photographie peut-on tirer du "tissu productif" français ? Dans une étude consacrée aux entreprises tricolores, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a compilé les données de tous les secteurs d'activité de l'économie nationale pour l'exercice 2017 (décalage comptable oblige). D'une manière générale, on apprend ainsi que "les secteurs principalement marchands, non-agricoles et non-financiers, hors micro-entrepreneurs et micro-entreprises au sens fiscal" représentent dans l'Hexagone 2,3 millions de sociétés, employant 12,2 millions de salariés en équivalent temps plein, et générant 3.765 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 1.064 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit 52% de la valeur ajoutée de l'ensemble de l'économie.

 

Le BTP a fléché 10 milliards d'euros pour les investissements et enregistré un chiffre d'affaires de 13 milliards à l'exportation en 2017

 

S'agissant du bâtiment et des travaux publics, l'Institut dispose de statistiques compilées avec les données de l'Esane (Elaboration des statistiques annuelles d'entreprises). En 2017, le secteur comptait 355.000 sociétés, employant 1.309.000 salariés et réalisant un chiffre d'affaires de 293 milliards d'euros, pour 95 milliards de valeur ajoutée. Les entreprises du BTP ont par ailleurs fléché 10 milliards d'euros pour les investissements et enregistré un chiffre d'affaires de 13 milliards à l'exportation. D'ailleurs, l'Insee souligne que la construction et l'industrie participent à hauteur de 37% à la valeur ajoutée nationale. De plus, le BTP fait partie, avec les activités tertiaires, des deux secteurs comptant le plus de micro-entreprises, l'étude rappelant que "les problématiques propres à ce secteur sont celles de l'entreprenariat individuel : création d'entreprise, statut de non-salarié, artisanat, profession libérale".

 

Dans son travail de compilation et d'analyse, l'Institut a aussi noté que "l'industrie et la construction concentrent davantage de capital et ce, au détriment des services marchands". Idem pour le facteur travail : un nombre croissant d'emplois qualifiés provenant de filiales tertiaires de groupes industriels, telles que les services immobiliers ou la Recherche & Développement, se rattachent à des entreprises industrielles. "Au total, la productivité moyenne du travail est rehaussée dans l'industrie et la construction, et la productivité moyenne du capital est nettement abaissée dans la construction et le commerce", conclut l'étude. Autrement dit, même si le BTP profite d'une capitalisation plus élevée, c'est bel et bien les emplois qui participent au dynamisme de la filière.

 

L'outil de production français est de plus en plus concentré

 

Le tissu productif général de la France s'avère en outre davantage concentré qu'auparavant, dans la mesure où l'on comptabilise aujourd'hui 246 grandes entreprises, qui représentent 27% des employés et 33% de la valeur ajoutée, ainsi que 5.400 ETI (entreprises de taille intermédiaire), qui emploient 25% des salariés et réalisent 27% de la valeur ajoutée. Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent le coeur de l'économie tricolore, en faisant travailler 30% des employés et en participant à hauteur de 24% à la valeur ajoutée du pays et à 12% aux exportations. Enfin, on dénombre 2,1 millions de micro-entreprises, soit 19% des salariés, 17% de la valeur ajoutée et seulement 3% des exportations. Le phénomène de concentration s'observe également au niveau de l'organisation en groupes : 90.000 sociétés appartiennent ainsi à des groupes, représentant au bout du compte 300.000 unités légales. Ces structures pèsent pour 70% du chiffre d'affaires national et emploient 63% des salariés français.

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