Un collectif de recherche de laboratoires de l'Université de Lyon a mené une enquête auprès de 500 cordistes afin de mieux connaître le profil des cordistes et repérer les différentes formes de blessures professionnelles qui les touchent.

Comment prévenir les risques liés au métier de cordiste pour améliorer leur santé ? Tel est l'objectif de l'étude menée par un collectif de recherche de laboratoires de l'Université de Lyon. Dans un premier temps, l'étude établit le portait-robot du cordiste. Environ 8.500 cordistes sont recensés en France. Parmi les 500 interrogés pour l'étude, dans 98% des cas, il s'agit d'homme. Ils sont pour la plupart jeune, en moyenne 34 ans et très sportif puisque 81% d'entre eux pratiquent une activité sportive régulièrement. Comparativement aux autres professionnels du BTP, ils sont plus diplômés: un tiers a fait des études supérieures.

 

Le cordiste "n'est pas un laveur de carreau, c'est un métier très varié et seuls 10% font toujours la même activité", souligne Mme Vignal : "la raclette à vitre, c'est 14% de l'activité". Ces travailleurs peuvent ainsi faire de la peinture - "il faut bien entretenir la Tour Eiffel !", de la maçonnerie, de la pose de filets, des purges de bâtiments, de l'entretien de ponts, barrages ou éoliennes, du montage de structures pour l'événementiel ou des interventions dans des cuves, silos ou sur des plateformes pétrolières. Ils entrent dans ce métier, choisi, vers 26 ans et en sortent au bout de 20, même s'ils souhaiteraient continuer, souvent très satisfaits de leurs conditions de travail et de rémunération.

 

70% des blessures liées à des troubles musculo-squelettiques

 

L'enquête est partie de "l'impression qu'il était dur de rester longtemps cordiste, malgré les qualifications nombreuses, alors que c'est un métier en tension et que les entreprises veulent garder ces professionnels", a expliqué à l'AFP Bénédicte Vignal, sociologue à l'Université Lyon-1 (Laboratoire sur les vulnérabilités et l'innovation dans le sport). Le métier n'est "pas accidentogène, on n'a pas eu de chute dans notre échantillon de plus de 300 blessures, elles sont rarissimes et les mortelles encore plus. Ces professionnels font très attention et travaillent en binôme", relève la sociologue. En revanche, c'est un métier physique où "70% des blessures peuvent être associées à des troubles musculo-squelettiques (TMS), provenant de postures répétées", amplifiées par l'utilisation d'outils de percussion ou vibrants.

 

L'étude, en partie financée par la Fondation Petzl (fabricant de matériel), avance des pistes simples pour allonger les carrières: s'échauffer, s'hydrater davantage avec des boissons spécifiques pour contrer une fatigue chronique, et diversifier les champs d'intervention pour éviter de toujours solliciter les mêmes parties du corps.

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