POLITIQUE. Le président écologiste de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, a dévoilé les grandes lignes d'un plan Nature doté de 44 millions d'euros, qui met l'accent sur la mise en place de "corridors écologiques" pour préserver la biodiversité. La collectivité achètera des terrains pour les mettre en place.

Le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon issu des élections municipales de juillet dernier avance ses pions. Après l'annonce, début juin, du "verdissement" du projet de la Part-Dieu, son président, Bruno Bernard, a présenté, le 17 juin, son plan Nature, qui vise à "préserver le climat, lutter contre les îlots de chaleur mais également pour protéger la biodiversité, arrêter son extinction", a-t-il déclaré devant la presse dans le Grand Parc de Miribel-Jonage, dans le nord-est de l'agglomération de 1,4 million d'habitants.

 

"C'est aussi un enjeu social parce qu'on a besoin de nature pour bien vivre". "On amplifie ce qui existait déjà", a ajouté l'élu EELV en relevant que le budget dédié à ce plan, voté en janvier dans le cadre de la programmation pluriannuelle d'investissements de la collectivité, représente un doublement par rapport au mandat précédent.

 

Une politique d'acquisitions foncières pour créer douze corridors écologiques

 

La nouvelle majorité a l'intention de créer des forêts urbaines, dont la première, composée de 2.600 arbres et arbustes, a été inaugurée en février à Saint-Priest au sud de Lyon, et de renforcer le plan Canopée de couverture végétale des rues et espaces publics, en particulier pour lutter contre les îlots de chaleur. Pierre Athanaze, vice-président chargé de l'Environnement, a évoqué parallèlement la restauration à venir de corridors écologiques sur le territoire, pour éviter "l'effondrement de la biodiversité" en permettant aux espèces animales et végétales de circuler, de s'alimenter et de se reproduire.

 

"Ça ne sert à rien d'avoir plein de petits milieux préservés s'ils sont isolés. Il va falloir qu'ils soient connectés de façon à ce que les espèces puissent coloniser", a-t-il souligné. Au total, douze corridors "de quelques kilomètres" à plusieurs "dizaines de kilomètres", dont la restauration est jugée "prioritaire", ont été identifiés. Le plus long d'entre eux reliera le parc de Parilly au sud-est de Lyon à celui du Grand-Parc de Miribel-Jonage au nord-est de la ville. Neuf millions d'euros seront consacrés à l'acquisition de terrains pour mettre en œuvre cette politique de végétalisation du territoire.

 

Un accompagnement pour verdir les parcelles privées

 

Parallèlement, la Métropole va déployer, à l'automne, un "dispositif d'accompagnement clé-en-main" à destination des propriétaires fonciers, avec conseils de plantations ou de gestion alternative pour les espaces déjà végétalisés, doublé d'un soutien financier pour la plantation de végétaux et la reconstitution de milieux diversifiés et complexes pour les espaces résidentiels partiellement ou totalement artificialisés.

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