Même constat du côté des petites installations, de mini- et micro-cogénération. Si les marchés de nos voisins sont avantageux pour ces technologies, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où le prix de l'électricité est plus élevé, le marché français cultive sa différence. "Pour l'instant, la cogénération n'a pas de pertinence économique", confirme Jérôme Maldonado d'Uniclima. "L'évolution tarifaire et les choix politiques d'incitation, permettraient pourtant une diversification des sources d'approvisionnement d'énergie".

 

Différentes technologies existent, dont celle des machines à moteur Sterling qui bénéficient d'un crédit d'impôt et présentent un rapport de production électrique/chaleur de 1/8 à 1/5 et de rendements de 100 à 107 %. Pour le petit tertiaire ou le petit résidentiel, la cogénération à moteur à combustion alterne présente un ratio plus intéressant (de 1/4 à 1/2) mais le rendement global reste faible. "Mais la maintenance des moteurs à un coût, car il exige des pièces, notamment lors d'interventions lourdes. C'est un cap à franchir que l'intégration de ce coût", explique le responsable des comités Gaz/Fioul et radiateurs d'Uniclima.

 

Utiles pour la RT 2020
Car les solutions présentent également des avantages en termes d'indépendance énergétique, qui seront importantes pour la compensation des consommations locales dans les futurs bâtiments de la RT 2020 (BePos). La fiabilité des solutions de cogénération pourrait alors être un atout, face à l'impossibilité de prévoir l'ensoleillement faisant fonctionner des installations photovoltaïques. "Les équipements ont un bon rendement et réduisent les émissions de CO2 en évitant la mise en production d'autres sources d'électricité", souligne Jérôme Maldonado. "Et en produisant localement, on évite un surinvestissement pour le renforcement des réseaux de distribution". Quant à la facilité d'installation, les systèmes de micro-cogénération n'exigent pas de compétences particulières : "C'est du niveau d'une chaudière à condensation branchée au réseau électrique", rassure-t-il. Les systèmes à moteur à combustion alterne s'avèrent plus complexes en nécessitant des connaissances à la fois en mécanique et en électricité. "Le développement des piles à combustibles, dont 40.000 fonctionnent déjà au Japon - dans des conditions très différentes il est vrai - devrait atteindre sa maturité en 2020. Nous aurons alors un vaste éventail de solutions différentes qui permettront aux consommateurs de choisir la plus pertinente", prédit Jérôme Maldonado.

 

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