SANS-ABRISME. Le ministre du Logement, Julien Denormandie, a annoncé ce vendredi 3 janvier sur Europe 1 l'ouverture de "jusqu'à 15.000 places supplémentaires" cet hiver pour accueillir en urgence les personnes qui dorment dans la rue. Sur ce total de 15.000 places, supérieur à celui de 14.000 annoncé le 30 octobre, 10.000 ont déjà été ouvertes depuis le 1er novembre. Un début de réponse à la tribune publiée le 30 décembre par un collectif de 36 associations nationales spécialisées dans la lutte contre le sans-abrisme.

La tribune du Collectif des associations unies contre le mal-logement n'est finalement pas restée lettre morte. Le ministre du Logement, Julien Denormandie, a annoncé ce vendredi 3 janvier sur Europe 1 l'ouverture de "jusqu'à 15.000 places supplémentaires" cet hiver pour accueillir en urgence les personnes qui dorment dans la rue, en particulier les enfants. Un début de réponse à la tribune publiée le 30 décembre par ce collectif de 36 associations nationales spécialisées dans la lutte contre le sans-abrisme, qui avaient choisi d'interpeller ainsi le Président de la République sur le mal-logement à la veille de ses vœux aux Français. Parmi les dix souhaits formulés par ce collectif pour sortir de la crise du logement, figure en tête celui que plus aucun enfant ne dorme dans la rue d'ici à la fin janvier 2020, alors qu'ils sont par exemple 500 dans ce cas à Paris selon des chiffres du Samu social cités par le Collectif.

 

Ce dernier demande donc la création de 10.000 places d'hébergement pérenne. Reconnaissant une situation "intolérable", la nécessité "d'augmenter les capacités de l'accueil d'urgence", le ministre a fait part de son "énergie", de sa "détermination totales pour ouvrir de plus en plus de places." "Depuis le 1er novembre, nous avons ouvert 10.000 places supplémentaires. Nous en ouvrirons au total jusqu'à 15.000", a-t-il précisé. Un chiffre supérieur à celui de 14.000 initialement annoncé le 30 octobre. Le ministère du Logement gère ainsi un parc global de 150.000 places d'hébergement d'urgence, soit l'équivalent de la population de la ville du Mans, a souligné Julien Denormandie.

 

Si la réforme des APL était entrée en vigueur le 1er janvier, "la qualité de services aurait été de 91%"

 

Egalement interrogé sur la réforme du calcul des aides personnelles au logement (APL), à nouveau reportée, le ministre a "garanti" que la contemporanéité des APL, qui seront désormais calculées en fonction des ressources des allocataires sur les douze derniers mois et non plus par rapport à ceux d'il y a deux ans, interviendrait le 1er avril prochain, au lieu du 1er janvier 2020. Un décalage accordé par le ministre à la Caisse nationale d'allocations familiales afin de permettre à cette dernière de finaliser ce chantier "technique de très grande ampleur."

 

Si la réforme des APL était entrée en vigueur au 1er janvier 2020, comme prévu, "la qualité de service aurait été de 91%, ce n'est pas suffisant", a argumenté Julien Denormandie. Une préoccupation telle, pour le Gouvernement, qu'il n'a pas hésité à accepter ce report qui le prive pourtant d'environ 300 millions d'euros selon BFM Immo. Un montant que Julien Denormandie n'a pas contesté, contrairement aux chiffres avancés en juillet par le Canard Enchaîné, selon lesquels la réforme des APL pourrait entraîner une baisse de leur montant pour 1,2 million de bénéficiaires et leur suppression pour 600.000 autres. "C'est faux", a assuré le ministre. Tout en ajoutant que "500.000 personnes (bénéficiaires des APL) ont retrouvé un emploi depuis deux ans, (si bien qu'il est) normal qu'elles touchent moins d'APL."

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